Myanmar

Du 5 au 21 mars 2013

Bienvenue dans la magie du Myanmar

Nous voilà enfin arrivés dans ce pays dont nous n'avions entendu que du bien et que nous avions hâte de découvrir! Dès que nous avons posé les pieds à Yangon, nous avons remarqué à quel point le contraste était saisissant avec les autres pays que nous venions de traverser. Il n'y a, à vrai dire, aucune comparaison possible et malgré le fait qu'il nous aura fallu abandonner toute forme de confort, nous sommes rapidement tombés amoureux de la ville et finalement de tout ce merveilleux pays rempli de magie!

Nous avons vite réalisé que c'était le début d'un voyage très spécial. La première sensation que nous avons eue en arrivant, c'est celle d'avoir fait un saut dans le temps!

La majorité des routes du pays sont en terre et très peu éclairées la nuit.

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Les gens se déplacent en calèche ou alors avec de vieilles voitures qui sont dans un état tellement misérable qu'elles n'auraient pas passé l'expertise chez nous 20 ans plus tôt (et les trains sont pires!).

Les femmes portent leurs affaires sur la tête (et quelles affaires!).

Les hommes sont vêtus de leur habit traditionnel (une longue jupe appelée longyi).

A chaque coin de rue sont vendus des jus de canne à sucre fraichement pressés avec une machine qui pourrait avoir existé chez nous il y a plus d'un siècle.

Les rues grouillent de birmans qui mâchent des noix de Bétel à longueur de journée. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle leurs dents sont colorées en rouge et cela donne une drôle d'allure à leur sourire qu'on retrouve sur tous les visages!

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Les habitants se réunissent souvent dans la rue, face à une minuscule télévision, afin de regarder leurs émissions favorites. Le brouhaha environnant ne semblait pas poser de problème. smiley

Les femmes et les enfants du pays ont l'habitude de porter une crème jaune pâle sur les joues et le front qui fait office de crème solaire. Cela leur donne une allure caractéristique.

Pour ceux qui l'ignorent, la junte militaire était au pouvoir au Myanmar jusqu'à récemment et les choses changent gentiment depuis 2011 en grande partie grâce à Aung San Suu Kyi. Elle a ainsi créé la Ligue Nationale pour la Démocratie et après plus de 20 ans de combat depuis son assignation à résidence, elle parvient à faire entrer son parti au gouvernement en 2012. Le prix Nobel de la Paix lui a été descerné en 1991.

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Le pays commence à peine à s'ouvrir au tourisme, mais en attire de plus en plus. A tel point que les logements deviennent rares et coûteux et qu'il faut beaucoup mieux s'organiser pour un voyage au Myanmar que n'importe où ailleurs. Sans compter l'absence d'ATM qui pimente un peu l'affaire. Il nous a fallu calculer notre budget lorsque nous étions à Bangkok et trouver une banque qui puisse nous fournir des dollars américains flambant neufs. C'est en effet la seule monnaie (hormis exceptionnellement l'euro à un très mauvais taux ou le dollar de Singapour, allez comprendre!) que les birmans acceptent d'échanger contre leur monnaie locale, le kyat. Les dollars ne sont échangés que s'ils n'ont absolument aucune marque ou pli et s'ils ont été émis après 2006. Nous avons décidé d'être prudents et de protéger tous nos beaux billets en les plaçant dans une boîte à crayons Angry Birds et nous avons bien fait car d'autres voyageurs se sont régulièrement vu refuser leurs dollars!

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Ces quelques bizzareries ne devraient pas tarder à disparaître avec l'afflux touristique, mais pour l'instant, le bon côté des choses est que la Birmanie reste de loin le pays le plus authentique de toute l'Asie du sud-est. Les voyageurs sont peu nombreux, les connexions internet rares et il n'y a pas moyen d'avoir du réseau dans tout le pays. Les coupures de courant sont quotidiennes. Nous nous sommes ainsi immergés rapidement et avec joie dans un tout autre monde!

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Les habitants nous regardaient comme des curiosités et nous étions régulièrement le centre d'attraction. Ceux qui avaient un appareil photo n'hésitaient pas à nous demander de poser avec eux (y compris les moines)! Les autres venaient discuter avec nous ou parfois s'approchaient juste pour nous toucher tout en nous faisant un grand sourire. smiley

C'est au Myanmar que nous avons trouvé que le côté spirituel était le plus fort. De tous les sites se dégageait quelque chose de très intense et nous rencontrions des moines à chaque coin de rue (tunique rose pour les femmes et rouge pour les hommes, contrairement au orange des pays voisins).

Les différents marchés que nous avons parcouru à travers le pays étaient plus colorés les uns que les autres.

La version birmane des cabines téléphoniques est une table sur laquelle sont posés un ou plusieurs (selon les régions du pays à atteindre) téléphones avec un jeune homme qui encaisse ensuite l'argent de l'appel.

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Pour ceux qui sont fatigués de marcher, ils peuvent accoster à chaque coin de rue la personne assise à une table derrière un panneau taxi et la plupart du temps elle se chargera de vous trouver quelqu'un pour vous amener à destination à bord d'une charrette accrochée à son vieux vélo rouillé…

Voici encore une station service birmane. Il suffit de choisir la meilleure essence pour son véhicule en fonction de la couleur!

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Autre fait intéressant, le Myanmar est le seul pays où l'on conduit à droite… avec un volant à droite!

Vous l'aurez compris, il y a de quoi être fasciné par ce pays qui s'ouvre très progressivement au monde et nous allons essayer de vous partager ses trésors à travers nos articles.

 

Yangon, un premier aperçu de la Birmanie

Yangon, également appelée Rangoon, fut la capitale du Myanmar jusqu'à ce que la junte au pouvoir décide brusquement de la déplacer en 2005 à Nay Pyi Taw, située au centre du pays, pour des raisons stratégiques. Yangon demeure toutefois le centre commerçant et diplomatique du Myanmar et de loin la ville la plus importante! Elle a énormément de caractère et ses rues sont vivantes et agitées. Fait intéressant, les motos y sont interdites (selon les rumeurs, c'est parce que la voiture d'un haut placé aurait été emboutie par une moto il y a quelques années) et cela rend la ville encore plus sympathique.

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Yangon renferme aussi le monument religieux le plus impressionnant du pays, la Paya Shwedagon. Pour les bouddhistes birmans, il s'agit du sanctuaire le plus sacré du pays et ils rêvent tous de s'y rendre au moins une fois dans leur vie! Ce dôme doré imposant fait 98 mètres de haut et daterait de la période Môn, entre le 6ème et le 10ème siècle. Il fut cependant reconstruit plusieurs fois à la suite de tremblements de terre et la construction actuelle date de 1769. La Paya est éblouissante de jour comme de nuit et l'atmosphère qui y règne est tellement spéciale que nous y sommes restés des heures à nous imprégner de la spiritualité du lieu!

Quatre escaliers gravissent la colline de Singuttara jusqu'à une plate-forme sur laquelle s'élève la paya Shwedagon. L'immense stupa doré, qui abriterait huit cheveux sacrés de Bouddha, est entourée de stupas plus petites, de statues, de temples, de sanctuaires et de pavillons de toutes tailles. La tradition veut que l'on tourne autour des stupas (comme de tout monument bouddhique) dans le sens des aiguilles d'une montre.

Autour de la base se trouvent plusieurs piliers planétaires correspondant aux jours de la semaine. Les habitants viennent prier devant celui du jour de leur naissance. Nous avons ainsi découvert que, contrairement à notre horoscope traditionnel basé sur le mois de notre naissance, le leur est basé sur le jour de naissance! Le mercredi est encore séparé en matin et soir, selon l'heure à laquelle vous avez poussé votre premier cri. smiley Aung San Suu Kyi vient ainsi prier devant le pilier de mars (mardi) qui est le seul sur lequel on retrouve une caméra de sécurité…

Au sommet du monument trône une girouette plaquée d'or et d'argent et incrustée de 1100 diamants. Cette girouette est surplombée par un globe composé de 4351 diamants totalisant 1800 carats! Le lieu est donc effectivement d'une grande richesse, autant spirituelle que matérielle!

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Après la visite de cet emblème national, nous avons encore vu la Paya Sule qui se trouve au centre de la ville, au carrefour des quatre rues principales. Il s'agit d'un autre temple doré beaucoup moins impressionnant que la Paya Shwedagon, mais qui ne manque pas de charme. Il renfermerait également un cheveu sacré de Bouddha.

Nous nous sommes également arrêtés à la Paya Botataung, dont l'intérêt réside dans le cadre environnant avec son enceinte au bord du fleuve, et le fait qu'elle attire moins de monde d'où une atmosphère plus authentique. Il s'agit de la troisième grande pagode de la ville où serait conservé un cheveu sacré de Bouddha. Ils ont quelque chose avec les cheveux dans ce pays apparemment…

Lors de notre dernière journée à Rangoon, nous nous sommes baladés autour du très joli lac naturel de Kendawgyi, d'où l'on peut également admirer la Paya Shwedagon.

Non loin de là se trouvent encore les Payas Chaukhtatgyi et Ngahtatgyi. La première est connue pour son énorme Bouddha couché (de taille supérieure à celui de Bangkok) figurant parmi les plus beaux du Myanmar. Les Bouddhas locaux sont complètement différents de ceux de Thaïlande avec une peau blanche, d'énormes oreilles, du maquillage et même un vernis à ongles! Dans le deuxième temple se trouve un Bouddha assis impressionnant, rehaussé d'une myriade de pierres précieuses.

Après ces visites, nous sommes tombés sur des étudiants birmans de 25 ans forts sympathiques. L'un d'entre eux idéalisait la Suisse qu'il se représentait grâce aux images de Heidi! Nous avons pu rentrer avec un bus local grâce à son aide, car le fonctionnement des transports publics est un véritable casse-tête dans cette ville.

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Comme partout à travers le Myanmar, les marchés de Yangon sont très colorés et animés et nous donnent l'impression d'avoir changé de siècle. A notre passage, les birmans s'arrêtent de crier l'espace d'un sourire et ensuite la foire reprend de plus belle!

Malgré la persécution que peuvent vivre parfois les minorités religieuses au Myanmar, nous sommes quand même tombés sur de très beaux édifices catholiques, hindous et musulmans dans le centre-ville.

Dans son ensemble, Yangon est une ville plutôt pauvre avec des bâtiments décrépis et des routes dans un sal état, mais sa richesse réside dans la gentillesse des gens qui l'habitent et l'émotion qui se dégage des innombrables scènes de vie aux abords des rues.

 

Le fabuleux Rocher d'Or

Le rocher-stupa suspendu de Kyaiktiyo est un site de pèlerinage de premier plan pour les bouddhistes birmans. Avec la paya Shwedagon de Yangon et la Paya Mahamuni de Mandalay, il s'agit de l'un des sites bouddhiques les plus vénérés du Myanmar.

Nous rêvions nous aussi de découvrir ce fameux Rocher d'Or qui, selon la légende, doit son équilibre à la présence précieuse d'un cheveu de Bouddha placé dans le stupa. Manquer la visite de ce site n'était pas une option pour nous, bien que le parcours jusque là s'annonçait difficile. La partie la plus simple a été le trajet de 4 heures en bus depuis Yangon. Cela s'est corsé lorsqu'il a fallu gravir le mont au sommet duquel se trouve le sanctuaire. Nous avons dû prendre une grande camionnette avec des lattes de bois à l'arrière en guise de sièges que nous partagions avec une quarantaine de locaux. Nous pouvions à peine poser une demi-cuisse et étions donc à l'oblique dans une position plus qu'inconfortable sans aucun endroit où s'accrocher. Je me suis retrouvée presque assise sur la dame derrière moi qui a jugé bon de s'agripper au haut de mon pantalon pour la durée du trajet… Une fois que le camion était plein à craquer (ce qui a demandé une bonne heure d'attente), le rodéo a commencé et nous avons vite compris que Bouddha avait intérêt à bien veiller sur les lieux si nous voulions sortir de là indemnes. Le trajet a duré 45 minutes sur des routes escarpées et sinueuses que le chauffeur a gravies à une vitesse effrayante! Le camion penchait dangereusement à chaque virage. J'ai préféré garder les yeux bien fermés et à mi-chemin j'ai entendu Julien me crier: "C'est comme les montagnes russes mais sans les rails!!!". Vous voyez l'image du cartoon où les personnages sont dans une petite charrette qui ne touche plus le sol? Eh bien ça illustre parfaitement la situation…

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Heureux d'arriver sains et saufs après ce trajet qui nous a paru interminable, il nous restait encore à grimper le dernier bout de chemin menant au Rocher d'Or. Malheureusement, nous en avions pour une heure de montée sous un soleil de plomb (eh oui, toujours pas un nuage et 40 degrés à l'ombre) avec 20 kilos sur le dos. Après quelques pas, nous étions déjà rouges écarlates et en sueur. Je commençais alors sérieusement à me demander ce qui nous avait pris de faire tant d'efforts pour un caillou doré… Nous avons décidé de nous débarrasser de nos gros sacs en engageant deux porteurs. C'était presque consternant de les voir avancer en papotant gaiement, nos affaires sur le dos (ou sur la tête par moments) comme si ça ne pesait que quelques grammes!

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Je ne suis toujours pas certaine de savoir comment, mais nous avons finalement atteint le sommet! Nous avions fait le choix de passer la nuit à côté du sanctuaire, plutôt qu'au bas de la montagne, afin de profiter pleinement des lieux. Heureusement, car il était hors de question que je redescende de là le soir même! smiley Nous avons donc laissé toutes nos affaires à l'hôtel pour aller admirer le coucher de soleil sur le Rocher d'Or.

Nous avons immédiatement réalisé que tous nos efforts seraient largement récompensés! Certes le Rocher d'Or est magnifique, particulièrement à la tombée de la nuit, mais le site tout entier baigne dans une atmosphère empreinte de magie et de dévotion et c'est cela qui nous a particulièrement touché. Les pèlerins, présents par centaines, psalmodient, allument des cierges, collent des feuilles d'or sur le rocher et méditent toute la nuit. Le spectacle était absolument fascinant! La sensation que nous avions eue à la Paya Shwedagon de Yangon était décuplée et là encore, nous sommes restés cloués sur place des heures durant.

Nous avons décidé de renouveler l'expérience le lendemain au lever du soleil. Là encore, nous n'avons pas été déçus! Les pèlerins qui avaient passé la nuit à méditer commençaient gentiment à s'en aller et les suivants arrivaient déjà. La brume matinale qui enveloppait les lieux s'est progressivement dispersée et nous avons attendu que le Rocher scintille au soleil pour lui faire nos adieux.

Nous avons ensuite retrouvé nos chers porteurs pour la descente qui s'est avérée nettement moins douloureuse que la montée. Même le trajet en camionnette était moins sauvage! smiley Nous avons regagné Yangon avec une équipe de jeunes qui ont chanté à tue-tête durant 4 heures sur du karaoké birman. Il se trouve qu'ils connaissaient toutes les chansons par cœur… Le soir même, nous avons pris un bus de nuit pour Bagan, des étoiles plein les yeux.

 

Bagan, la cité aux 4000 temples

Marco Polo décrivit Bagan comme l'un des plus beaux spectacles au monde. Nous pouvons confirmer qu'il y a peu de visions plus impressionnantes et enchanteresses qu'un lever de soleil sur les 4000 temples bouddhiques de la vaste plaine de Bagan! Il est difficile de ne pas comparer ce site somptueux à celui d'Angkor. Si les monuments sont incontestablement moins riches et grandioses que leurs voisins cambodgiens, la vue sur la plaine hérissée de temples en briques de couleur ocre est à couper le souffle!

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Pris d'une ferveur religieuse entre le XIème et le XIIIème siècle, les rois de Bagan ont érigé ici des milliers de temples, pagodes, stupas et autres sanctuaires, créant ainsi le premier Empire Birman. Dans sa conquête de l'Asie, Gengis Khan mit brusquement fin à cet âge d'or. Cette cité vivante et pieuse fut alors désertée jusqu'au XXème siècle et la majorité des temples tombèrent en ruine. L'importance religieuse de Bagan lui valut d'être inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1996 et de nombreux travaux de restauration ont alors été entrepris pour un résultat pas toujours des plus heureux, comme vous pouvez le voir sur l'image ci-dessous… Cela n'affecte cependant pas la splendeur générale du site.

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Durant notre séjour, nous avons logé à New Bagan où la junte au pouvoir a déplacé les habitants de l'ancienne ville historique. Nous avions réservé une auberge par téléphone, mais en voyant l'allure déconfite de notre chambre pleine de poussière, de moisissures et de moustiques, nous avons décampé aussi vite que possible pour finalement atterrir dans un des meilleurs hôtels de notre voyage et tout ça pour un prix à peine plus élevé que le taudis que nous avions fui! Il s'agissait en fait d'un tout nouvel hôtel qui devait encore se faire connaître, alors il n'a pas été difficile de négocier la chambre à un prix imbattable! smiley

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Le premier jour de notre arrivée à Bagan, nous avons surtout dormi, comme nous sortions d'une nuit en bus mouvementée et épuisante. Cela ne nous a toutefois pas empêché d'aller découvrir les environs en fin d'après-midi avec la visite de quelques très jolis temples.

Au soleil couchant, nous sommes tombés sur le gardien d'un temple qui nous a généreusement proposé de nous ouvrir l'accès au toit. Il faut savoir que la grande majorité des temples sont fermés à clé et pour pouvoir les visiter, il faut d'abord mettre la main sur le gardien des clés en espérant qu'il soit dans les parages… Parfois ce sont des enfants qui remplissent cette tâche, d'autres fois le berger d'un troupeau de chèvres, mais généralement il suffit de réveiller le birman qui fait la sieste sous un arbre à proximité… Pour en revenir à notre coucher de soleil, nous étions donc seuls au sommet d'un magnifique temple dans une ambiance presque surréelle. Un moment de rêve au pays des merveilles!

Le lendemain, nous avons commencé notre virée à vélo de bonne heure car le programme était bien chargé: plus de 30 kilomètres sur des routes accidentées où en terre en passant par cinq villages et une myriade d'édifices religieux!

Nous avons commencé par les temples autour du petit village de Myinkaba qui comprend la Paya Manhua qui est toujours en activité et d'apparence moderne malgré 1000 ans d'histoire.

Sur la route qui mène au Vieux Bagan, nous nous sommes arrêtés à la Paya Gubyaukgi, célèbre pour ses fresques, à l'élégant temple Nagayon et à la Paya Mingalazedi qui est un modèle de l'architecture de Bagan.

Dans les enceintes du Vieux Bagan se trouvent de nombreux monuments importants, dont le Patho Gawdawpalin qui se distingue par sa couleur blanche et sa forme cubique unique. Les fresques et sculptures à l'intérieur sont de toute beauté (les photos étaient malheureusement interdites).

Patho Ananda, le temple majeur du Vieux Bagan, est également le plus célèbre et le plus vénéré de toute la région. Avec son hti doré en forme d'épi de maïs qui scintille sur toute la plaine, Ananda possède des proportions parfaites et abrite quatre Bouddhas debout de 10 mètres de haut regardant en direction des quatre points cardinaux. Il y a également un excellent restaurant végétarien à deux pas de l'entrée principale où Cindy a mangé avec bonheur une délicieuse salade d'aubergines préparée de la même manière qu'en Roumanie!

En continuant notre route vers le nord et donc le village de Nyaung U, nous avons rencontré de nombreuses scènes de vie qui semblaient inchangées depuis des siècles: des charrettes avançant lentement sur des routes en terre, des gardiens de chèvres déplaçant leur troupeau dans un nuage de poussière, des birmans se reposant à l'ombre d'un arbre ou d'un cactus, des pêcheurs voguant le long du fleuve Irrawady qui mène jusqu'à Mandalay ou encore des ouvriers en train de rebâtir un temple.

A mi-chemin entre le Vieux Bagan et Nyaung U se trouve l'impressionnant Pahto Htilominlo avec une belle conception en terrasses. Quel dommage que les escaliers menant au toit étaient fermés au public étant donné le nombre impressionnant de petits temples à proximité!

A l'origine, nous étions allés jusqu'à Nyaung U pour changer quelques dollars en kyats, mais nous avons eu la poisse d'arriver 10 minutes après la fermeture du seul guichet de change. Pour ne pas avoir fait tout ce chemin pour rien, nous sommes passés voir la Paya Shwezigon qui est le principal édifice religieux de la ville. Avec sa jolie stupa dorée, son socle illustrant des scènes des jatakas (histoires des nombreuses vies antérieures du Bouddha) et les quatre grands Bouddhas en bronze entourant le zedi, cette Paya valait bien le détour!

Notre journée s'est achevée au sommet de la gracieuse Paya Shwesandaw qui contiendrait un cheveu de Bouddha (oui apparemment tous ses cheveux sont dispersés en Birmanie!). Le panorama à 360° sur les innombrables temples environnants prenant de belles couleurs orangées au soleil couchant était tout simplement magique!

Pour notre troisième jour de visite, nous avons estimé avoir suffisamment sué la veille pour avoir le droit de demander les services d'un sympathique cocher nommé Tintin et de Milou, son fidèle destrier. Il faut savoir qu'en mars la température dépasse allègrement les 40 degrés et que pédaler par cette chaleur sur des routes en terre avec un vélo birman, eh bien ce n'est pas facile!

Nous sommes partis à 5h30 de l'hôtel avec notre sac à pique-nique pour aller voir le lever de soleil depuis le sommet d'un temple que notre chauffeur connaissait. Il y a quelques rares temples sur lesquels il est possible de grimper en se faufilant dans un petit passage étriqué et souvent caché, sans avoir besoin de trouver le gardien des clés. A cette heure matinale, c'était notre seule chance de voir le jour se lever sur la plaine de Bagan depuis un joli point de vue et sans autres touristes à l'horizon. Nous avons donc savouré notre petit-déjeuner aux premières lueurs de l'aube dans l'un des endroits les plus magnifiques au monde dans une ambiance à la fois paisible et mystique. Un souvenir inoubliable!

Après avoir réveillé notre guide qui finissait sa nuit dans notre calèche, la matinée s'est poursuivie avec la visite de la Paya Pyathada qui était malheureusement en construction, mais sur laquelle nous avons quand même pu grimper. De là-haut, nous avons pu admirer un panorama sublime, surtout que les temples en stuc se revêtaient d'une parure ocre dans les couleurs chaudes du matin. A peine arrivés en-bas des marches, nous avons été assaillis par tout un groupe de femmes birmanes un brin hystériques qui semblaient n'avoir jamais vu d'occidentaux de leur vie et qui voulaient absolument que nous posions avec elles.

Les temples adjacents étaient également sublimes!

Nous avons ensuite pu visiter un petit village typique grâce à une connaissance de notre cocher qui vivait là. Nous nous sommes ainsi familiarisés avec les différents métiers manuels exercés dans ces villages rudimentaires. Du paysan agricole aux réparateurs de roues de calèche en passant par les tisserands, les fabricants de cigares ou les artistes en tout genre, la palette des activités est très large! Heureusement, le tourisme apporte une aide salutaire aux habitants qui sont tous plus chaleureux les uns que les autres.

Aux heures les plus chaudes de la journée, nous avons atteint l'immense Patho Dhammayangyi dont la visite nous a été prodiguée par un enfant birman de 10 ans qui parlait remarquablement bien anglais! Ce temple n'a nécessité aucune restauration jusqu'à ce jour, tant sa construction a été parfaitement maitrisée. D'un autre côté, la légende dit que le roi d'alors faisait couper les bras des ouvriers s'il était possible de faire passer une épingle entre les briques alignées. Une bonne source de motivation!

Sur le chemin du retour, nous nous sommes encore arrêtés au très beau Patho Sulamani riche en fresques murales et devant quelques autres temples mineurs que nous ne nous lassions pas de contempler.

Après un bon repas traditionnel sur les berges de l'Irrawady, nous sommes repartis en fin d'après-midi pour admirer notre dernier soleil couchant sur la plaine de Bagan qui aura réussi à nous émerveiller comme rarement durant notre voyage.

 

Sous le charme du lac Inle

Après Bagan, nous ne pensions plus être éblouis de la sorte avant longtemps, mais il n'aura en fait fallu que le temps du trajet qui nous séparait du sublime lac Inle. L'Etat Shan est un petit coin de paradis et le Lac Inle en est le joyau. On y trouve une multitude de jolis petits villages sur pilotis, de jardins flottants, de marchés colorés et de pêcheurs intha au style unique au monde.

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Au terme d'un très long trajet en bus, nous sommes donc arrivés dans le petit village de Nyaungshwe qui est un véritable havre de paix situé à la pointe du lac. Il était si agréable de flâner dans les rues en regardant les scènes vivantes tout autour de nous, de déguster une bière rafraîchissante sur une terrasse et de découvrir les charmants édifices religieux de la ville! C'est simplement un endroit où l'on se sent bien sans savoir vraiment décrire pourquoi.

Etant donné que nous étions surtout là pour découvrir le lac Inle, nous nous sommes empressés de réserver une excursion pour partir à sa découverte dès le lendemain. Nous étions répartis par groupes de quatre personnes sur des petites pirogues motorisées, appelées sampans, et c'est à cette occasion que nous avons fait la connaissance d'un sympathique couple sino-irlandais qui tenait un bar en Irlande depuis cinq ans avant de tout plaquer pour partir voyager. Nous avons passé une belle journée en leur compagnie, même si le circuit emprunté était un peu trop touristique à notre goût. Nous nous attendions à passer plus de temps sur le lac et moins dans les petits villages et échoppes des alentours qui vendaient toutes sortes de souvenirs à des prix exorbitants.

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Les bourgades du lac Inle accueillent à tour de rôle un marché et ce jour là il se déroulait dans le village d'Inthein, situé sur la rive ouest du lac. C'est là que notre chauffeur nous a d'abord menés après nous avoir laissés prendre quelques clichés des pêcheurs positionnés à l'entrée du lac qui semblaient attendre l'arrivée des touristes.

Si nous avons apprécié la visite du marché d'Inthein, haut en couleurs, l'intérêt résidait surtout dans son cadre.

Immédiatement derrière le village, nous sommes tombés sur un ensemble de stupas délabrés et envahis par la végétation, connu sous le nom de Nyaung Ohak.

De Nyaung Ohak, un escalier couvert bordé d'échoppes de souvenirs gravit la colline où se dresse la Paya Shwe Inn Thein. La construction de cet ensemble de 1054 zedi érodés par le temps date du XVIIème siècle.

Nous avons apprécié cette petite balade au cours de laquelle nous avons croisé un drôle de lézard bleu qui bronzait tranquillement sur l'un des stupas.

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Une fois de retour dans notre embarcation, nous avons rejoint le village de Tha Ley où se trouve la Paya Phaung Dwa Oo, site religieux le plus sacré du sud de l'état Shan. L'immense pagode à étages abrite cinq statues antiques du Bouddha qui sont devenues des masses informes tant elles ont été recouvertes de feuilles d'or appliquées par les fidèles! Comme d'habitude au Myanmar (et ce fut d'ailleurs le cas au Rocher d'Or pour mon plus grand désarroi), seuls les hommes ont le droit d'approcher les statues. Les femmes se contentent de prier devant, en respectant une distance de plusieurs mètres…

Après avoir dîné en compagnie de nos nouveaux amis, nous nous sommes rendus à Phaw Khone, un joli village de maisons en teck sur pilotis, réputé pour ses ateliers de tissage. Nous avons été accueillis par des artisans souriants qui travaillaient dans la bonne humeur.

Nous avons également fait un bref arrêt pour visiter une fabrique de cigares.

La région est encore célèbre pour ses jardins flottants. C'est sur de longs treillis en bois soutenus par des tapis flottants de végétation que les fermiers intha font pousser leurs fruits et légumes. Impressionnant!

La journée s'est achevée par la visite du "jumping cats monastery", situé sur la rive est du lac et réputé pour ses chats que les moines auraient dressés à sauter au travers de petits cerceaux. Cela dit, les chats que nous avons retrouvés dans ce joli monastère étaient plus occupés à faire la sieste qu'autre chose…

Le lendemain matin, nous nous sommes rendus au marché de Nyaungshwe qui double de superficie tous les cinq jours lors du marché tournant. Nous étions justement là à cette occasion et sommes ravis d'avoir pu observer les habitants venir faire leurs emplettes dans ce marché très animé. Nous en avons beaucoup vu en Asie du Sud-Est, mais celui là a été notre favori. smiley

Au sud du marché se trouve le plus ancien et le plus important sanctuaire bouddhique de Nyaungshwe, la Paya Yadana Man Aung. Nous sommes donc allés jeter un œil à ce joli stupa doré. Là encore, un panneau était présent pour me rappeler que je devais me tenir à l'écart du beau Bouddha qu'il abritait. Pfff…

En revenant de notre balade, nous sommes tombés sur un habitant fort sympathique qui nous a proposé de nous emmener sur le lac avec son bateau. Si dans les autres pays, nous redoutions toujours de nous engager dans ces conversations inévitablement suivies de longues minutes de marchandage, au Myanmar c'était un plaisir de discuter avec ces personnes adorables qui demandaient en général un prix plus qu'acceptable que nous n'avions même pas le cœur de revoir à la baisse. Nous avons donc expliqué à notre interlocuteur que nous souhaitions retourner sur le lac afin d'admirer un coucher de soleil et une nouvelle fois au lever du soleil pour partager ce moment avec les pêcheurs et les voir à la tâche. Nous voulions à tout prix éviter de refaire le circuit touristique classique et nous imprégner correctement des coutumes locales et de ces lieux remplis de magie. Une fois le marché conclu, notre chauffeur nous a donné rendez-vous en fin d'après-midi pour nous emmener vers une maison en teck abandonnée, située au milieu du lac, d'où nous avons pu assister à un magnifique soleil couchant.

Comme prévu, nous sommes partis aux aurores le lendemain, afin de pouvoir passer un peu plus de temps avec les pêcheurs aux heures où ils sont les plus actifs. Si nous en faisons une telle fixation, c'est que les pêcheurs intha sont connus pour leur technique unique au monde! Ils font doucement avancer leur embarcation à l'aide d'une seule pagaie qu'ils enserrent d'une jambe et attrapent leurs proies au moyen d'un grand filet conique. Tout cela aux premières lueurs de la journée… De la vraie poésie!

Nous voulions encore nous rendre à Maing Thauk, un village situé sur la rive est du lac, qui vit à moitié sur la terre ferme et à moitié sur pilotis. Les deux parties sont reliées par un pont en bois de 400 mètres de long.

En le traversant, nous avons assisté avec joie à diverses scènes de vie qui nous paraissaient encore une fois sortir d'une autre époque.

En gravissant la colline derrière le village, nous avons atteint un paisible monastère de forêt que nous avions aperçu depuis le lac.

Après cette matinée inoubliable, nous avons regagné Nyaugshwe où nous nous sommes installés sur une terrasse en attendant notre bus de nuit pour rejoindre notre dernière destination au Myanmar: Mandalay.

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Mandalay et les anciennes cités royales

Située sur les bords de l'Irrawady, Mandalay est la deuxième plus grande ville de la Birmanie, avec environ un million d'habitants. Elle fut sa dernière capitale royale, entre 1860 et 1885. On la surnommait alors la "cité des joyaux", pour son jade réputé.

Le trajet pour nous rendre à Mandalay a été le plus chaotique de toute l'Asie et s'est déroulé dans une épave qui pourrait facilement être exposée dans un musée chez nous! A chaque nid de poule (et ils sont nombreux!) notre siège décollait avant de s'écraser au sol en nous faisant tomber avec! Il a donc fallu se cramponner durant tout le trajet et lorsque nous sommes arrivés à Mandalay à 3 heures du matin (!), nous n'étions pas d'une excellente humeur… Cela s'est vite arrangé lorsque nous avons réalisé que nous n'aurions plus à faire de long trajet en bus avant longtemps! Cette heureuse pensée nous a donné envie d'exécuter un petit pas de danse sur les rues mal éclairées de la ville, nos gros sacs sur le dos. smiley Les quelques birmans réveillés à cette heure là doivent encore se souvenir de nous…

Après quelques bonnes heures de sommeil, nous nous sommes lancés à la découverte de cette ancienne cité royale. Il faut dire que le centre-ville de Mandalay n'a vraiment rien de charmant avec des rues quadrillées bordées de tristes immeubles en béton, mais il suffit de s'éloigner un peu pour trouver des quartiers vivants, colorés et authentiques, comme nous en avions l'habitude au Myanmar.

Notre première halte s'est faite au quartier des fabricants de feuilles d'or. C'est ici que sont produites les fines feuilles d'or que les fidèles de tout le pays appliquent sur les effigies de Bouddha ou sur des monuments comme le Rocher d'or. Les ateliers sont ouverts gratuitement au public, alors nous en avons profité pour découvrir ce procédé de fabrication très intéressant! D'abord, des petites plaquettes d'or sont martelées à la main pendant des heures avant d'être découpées, empilées, rebattues pendant des heures et finalement empaquetées méticuleusement. La partie physique est effectuée par les hommes et les femmes se chargent du côté minutieux de l'affaire. smiley

Nous avons ensuite emprunté des ruelles animées en croisant sur notre chemin des sculpteurs de marbre occupés à tailler des Bouddha de toutes tailles, des femmes en train de broder des toiles traditionnelles, des moines en pleine partie de football, des enfants qui sautillaient autour de nous en nous lançant des "HELLOOO!!!" joyeux ou encore des vendeurs qui poussaient leur roulotte en chantonnant. Comme d'habitude, tout se fait toujours avec le sourire au Myanmar! smiley

Nous sommes arrivés juste avant le soleil couchant au superbe monastère en teck Kyaung Shwe In Bin. Nous ne l'aurions peut-être pas trouvé sans l'aide d'une brave dame qui a insisté pour nous y mener sur trois pâtés de maisons. Une fois sur place, comme nous étions les seuls visiteurs, un moine s'est proposé de nous donner un tour guidé improvisé sans pour autant parler un mot d'anglais. C'était un bonheur de visiter tranquillement cet impressionnant édifice bâti sur pilotis aux dernières lueurs du jour!

Le lendemain, nous avons entrepris de visiter tous les autres sites importants de la ville en commençant par l'ancien Palais Royal entouré de larges douves et de murs crénelés de 8 mètres de haut ponctués de tours de guet. Cette forteresse datant de 1857 forme un grand carré de 2.5 km de côté en plein centre de la ville.

Le Palais Royal à l'intérieur des murs fût entièrement détruit par l'occupation anglaise et les violents combats de la deuxième Guerre Mondiale pour être ensuite reconstruit comme à son état d'origine à la fin des années 1990. Aujourd'hui, l'armée occupe l'essentiel du site, mais il est possible de visiter la partie centrale constituée de plus de quarante bâtiments dont la salle du trône, les habitations du roi et la tour de guet sur laquelle il est autorisé de grimper pour avoir une vue d'ensemble.

Une fois sortis de cette forteresse au climat bizarre, nous sommes allés voir le monastère en teck Kyaung Shwendaw qui fut à l'origine la résidence du roi Mindon. Juste à côté se trouve le gigantesque temple Kyaungdawgyi Atumashi.

Légèrement au nord, la Paya Kuthodaw avec son stupa doré est l'édifice bouddhique le plus intéressant de la ville. Il est entouré de 729 stèles de marbre gravées représentant les 15 livres des textes fondateurs du courant theravada. Chaque stèle est installée dans un petit stupa individuel. En ajoutant à cela les 1774 stèles de la paya voisine, il est souvent dit que cet ensemble forme "le plus grand livre du monde".

Finalement, nous avons terminé notre journée avec la visite de la Paya Kyauktawgyi qui abrite un Bouddha de 900 tonnes et près de 8 mètres de haut sculpté dans un seul bloc de marbre. Il aurait nécessité la force de 10'000 hommes pendant treize jours pour l'amener jusque là.

Pour notre dernier jour en Birmanie, nous avons décidé de partir à la découverte des trois anciennes cités royales dans les environs de Mandalay en compagnie de Flavia, une zurichoise fort sympathique! Nous l'avions rencontrée dans un tuk tuk au lac Inle et avons planifié cette journée ensemble en quelques minutes avant de sauter dans notre bus. Quant le courant passe…

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La meilleure solution pour explorer les anciennes cités royales est de faire appel à un chauffeur et le nôtre a été tout simplement fantastique! Nous avons tellement apprécié Aung Ba La que nous profitons de vivement recommander ses services à quiconque se rendrait dans la région (avis à Floraine et aux Geiger: on vous donne volontiers son numéro si ça vous intéresse)!

A la sortie de la ville au sud se trouve la Paya Mahamuni et nous y avons fait une petite halte. Le Bouddha assis en or de 4 mètres de haut est l'un des plus célèbres et vénérés du Myanmar. Durant des siècles, des milliers de pèlerins ont recouvert son corps d'une couche de feuilles d'or qui fait actuellement plus de 15 cm d'épaisseur, lui donnant un aspect boursouflé contrastant avec son visage lisse, poli avec dévotion par les moines tous les matins à 4h00. Bien entendu, les femmes doivent une fois de plus se contenter de s'agenouiller à distance ou de le contempler sur des écrans de télévision…

La Paya Mahamuni est un lieu de pèlerinage très fréquenté et régulièrement, des familles accompagnent leurs enfants en robes colorées pour les cérémonies rituelles précédant leur entrée dans un monastère. Nous avons eu la chance de pouvoir assister à l'une de ces scènes!

Notre chauffeur nous a ensuite amenés au monastère Kyaung Maha Ganayon, centre d'études monastiques pour des milliers de jeunes moines et réputé pour sa discipline très stricte. A l'heure du dîner, tous les pensionnaires font la file dans la rue pour obtenir leur nourriture quotidienne. Malheureusement, cette belle scène est devenue une attraction touristique et nous étions vraiment gênés de voir que nos semblables avaient pour la plupart un comportement complètement inapproprié et tournaient autour de ces pauvres moines dans le but d'obtenir le plus de clichés possibles. Aung Ba La nous assurait pourtant que cela ne les ennuyait pas.

Non loin de là se trouve un temple abritant un énorme Bouddha couché, ainsi qu'un sanctuaire contenant des centaines de statues dorées de Bouddha dans toutes ses représentations imaginables.

Nous nous sommes ensuite rendus de l'autre côté du fleuve Irrawady, vers la colline de Sagaing qui est recouverte d'innombrables stupas blanc et or. Sagaing fut la capitale du royaume birman vers 1315, juste après la chute de Bagan. L'ensemble forme un spectacle fascinant mal représenté par nos photos, en raison d'un ciel voilé dû à la chaleur caniculaire et l'absence de pluie depuis des mois!

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Pour atteindre Umin Thouzeh, un temple en forme de croissant de lune orné de 45 effigies de Bouddha, il a fallu emprunter un long chemin d'accès. Le sol brûlant fut une vraie torture pour nos pieds nus (les chaussures étant interdites), mais nous avons quand même réussi à voir encore le chedi, accessible par des escaliers depuis le temple, en sautillant agilement pour atterrir sur les rares zones d'ombre. smiley

Au sommet de la colline se trouve le sanctuaire principal de Sagaing. Son stupa central doré de 24 mètres de haut date de 1312 et la salle du grand Bouddha est la plus sacrée de la région. Cindy a toutefois été davantage séduite par les mosaïques multicolores qui ornent les sols et les murs du temple. Le panorama offert depuis le balcon était magnifique.

Au moment de partir, nous sommes tombés sur trois jeunes moines trop mignons pour ne pas les immortaliser.

De retour au bas de la colline, nous nous sommes encore vite arrêtés devant un stupa avec une forme arrondie inhabituelle. Malheureusement, l'entrée était fermée en raison d'une cérémonie importante qui devait avoir lieu la semaine suivante. Il faut savoir qu'au Myanmar "next week", prononcé "néchoui", est la réponse à pratiquement toutes les questions. En l'espace de quelques jours, nous nous sommes vus répondre "néchoui" dans un café en demandant s'il était possible de se connecter à internet, à la banque lorsque nous voulions changer des dollars en kyats ou encore devant les portes fermées d'un musée en demandant à quelle heure il devait ouvrir… Alors, on peut le visiter quand ce temple? "Néchoui!" Ok, on verra plus tard alors…

En début d'après-midi, notre chauffeur nous a lâchés au bord de l'Irrawady pour que nous nous rendions à l'ancienne cité royale d'Inwa en bateau de l'autre côté de la rive. Il n'y a en effet pas de pont pour s'y rendre avant plusieurs dizaines de kilomètres. Inwa fut la capitale du royaume birman durant plus de 400 ans à la suite de Sagaing. Aujourd'hui le site est retourné à la rusticité et la majorité des temples sont tombés en ruine au milieu des champs et plantations de riz. Nous avons commencé notre visite par un délicieux repas au bord de la rivière.

Comme les distances étaient assez importantes entre les sites d'intérêt et que la chaleur devenait infernale, nous avons eu recours à une calèche pour nos déplacements.

Notre cocher nous a d'abord amené au monastère de Maha Aungmye Bonzan. La partie originelle continue de se désagréger, tandis que la partie supérieure a été entièrement rénovée, gâchant ainsi un peu le charme de l'édifice. La fraîcheur à l'intérieur des murs d'une belle épaisseur était par contre bienvenue.

Les vestiges très photogéniques de la Paya Yedanasini comprennent quelques Bouddha assis et une poignée de vieux stupas en briques à l'ombre d'un immense arbre. A proximité, se trouve l'ancienne tour de garde qui s'est penchée à la suite d'un séisme. Il n'était pas possible de grimper dessus lors de notre visite pour des raisons de sécurité, mais normalement "néchoui" cela devait être à nouveau en ordre.

Notre dernière halte se fit au monastère en teck Kyaung Bagaya, le plus beau monument d'Inwa soutenu par 267 piliers. Selon nous, il ne valait de loin pas le temple que nous avions vu à Mandalay, mais nous y avons rencontré deux jeunes moines de très bonne humeur.

De retour sur l'autre rive en fin de journée, Aung Ba La nous a alors conduit vers notre dernière destination: l'ancienne cité royale d'Amarapura (c'est promis, c'est la dernière!). Elle succéda à Inwa en 1783 avant que les bâtiments du Palais Royal furent démontés et transférés 70 ans plus tard à Mandalay. Notre chauffeur nous a déposés à la Paya Kyauktawgyi avec un toit à cinq niveaux à l'allure tibétaine. Les chedis aux alentours étaient particulièrement colorés.

Aujourd'hui, Amarapura est essentiellement connu pour le pont U Bein qui est la passerelle en teck la plus longue du monde (1.2 km). Elle s'appuie sur 1060 piliers pour traverser le lac Taungthama. La lumière au soleil couchant était fabuleuse, mais nous avons dû partager ce spectacle avec un grand nombre de birmans et de touristes.

Ainsi s'achève donc notre séjour au Myanmar! Nous espérons avoir réussi à retransmettre un peu la magie qui se dégage de ce pays hors du commun par nos récits et nos photos. Cependant, l'ambiance si envoûtante de la Birmanie ne peut réellement se ressentir que sur place et nous ne pouvons que vous encourager à vous rendre dans ce pays extraordinaire!

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