Chine

Du 11 avril au 14 mai et du 2 au 12 juin 2013

Premiers pas en Chine

Nous avons fait de nombreuses rencontres durant nos trois premiers mois de voyage, mais nous n'avons croisé personne qui semblait trouver que c'était une excellente idée de passer deux mois en Chine. Cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille, mais nous persistions à croire qu'un si vaste et beau pays méritait qu'on y consacre un peu de temps. A première vue, il suffisait de bien se préparer et de respecter quelques règles d'or (qui se sont avérées en fait être des règles de survie): avoir un itinéraire bien précis, réserver des logements où le personnel parle quelques mots d'anglais, s'équiper d'un guide illustré chinois-anglais et TOUJOURS avoir sur nous les adresses complètes de nos destinations écrites en chinois. Aucun doute, nous étions prêts!

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Nous avons décidé de commencer notre périple par Yangshuo, une ville située au bord de la rivière Li et entourée par d'imposantes formations karstiques montagneuses. La région attire de nombreux touristes, principalement chinois, qui viennent y pratiquer des "sports d'aventure", tels que le cyclisme, le kayak et surtout l'escalade.

Map Yangshuo

Atteindre cette magnifique région a été notre premier grand challenge. Le moyen le plus direct pour y arriver, à part la voie aérienne, est de prendre un train depuis Hong Kong jusqu'à la ville frontière de Shenzhen, de passer l'immigration et de trouver un bus pouvant nous mener à Yangshuo en une douzaine d'heures. Il n'existe en fait qu'un seul bus, qui quitte Shenzhen vers 18h30 et nous dépose à destination au petit matin. Malheureusement, il est impossible de réserver les billets à l'avance (ce n'est pas faute d'avoir essayé). Nous avons donc quitté Hong Kong suffisamment tôt et avons atteint Shenzhen sans difficulté. Immédiatement après la douane, nous nous sommes perdus (nous avions lu sur les forums que cela risquait de nous arriver) et quelqu'un s'est précipité dans notre direction pour nous emmener vers son ami qui semblait vendre des billets de bus. Nous avons demandé le bus de nuit pour Yangshuo, mais notre interlocuteur nous fixait simplement avec des yeux écarquillés. Euh… Nous aimerions nous rendre à Yangshuo! Yangshuo??? YANGSHUO? Non? Pas de problème, nous avions demandé à ce que l'on nous inscrive "bus pour Yangshuo" en cantonais sur un petit papier. Nous l'avons montré à cette personne qui se dirige alors vers un énorme panneau plein de caractères chinois et nous en pointe deux du doigt. Cela semble correspondre à ce qu'il y a sur notre billet. Nous acquiesçons et notre interlocuteur tape alors 280 sur une machine à calculer. J'avais lu qu'un billet devait coûter 250 yuans au maximum et je décide donc de taper 230 sur la machine. Le bonhomme semble satisfait et nous voilà avec deux billets de bus sans être certains d'avoir compris ce qui venait de se passer…

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Puisque nous avions encore suffisamment de temps devant nous, nous avons décidé de manger un morceau au KFC. Après avoir passé dix minutes à déchiffrer un menu en chinois, nous avons commandé quelque chose au hasard. Pendant que j'attendais notre repas surprise, Julien a décidé de se lancer à la recherche des toilettes. Il est revenu 30 minutes plus tard, tout démoralisé, après avoir fait quatre fois le tour de la gare sans succès. J'ai donc décidé de tenter ma chance à mon tour et de demander à quelqu'un de m'indiquer la direction. Encore une fois, je me suis retrouvée face à une personne qui me fixait intensément sans me répondre. Sans me démonter, j'ai cherché le mot toilettes en cantonais dans notre Lonely Planet et l'ai montré à mon interlocuteur qui en retour m'a donné une longue explication… en chinois! J'ai donc réalisé que c'était une chose de finalement réussir à se faire comprendre, mais encore fallait-il pouvoir déchiffrer la réponse…

Moralité: après moins d'une heure passée en Chine, nous avons compris que personne ne parlait un seul mot d'anglais, que rien n'était jamais indiqué et que les chinois semblaient penser que nous étions des aliens! Ce voyage promettait d'être intéressant… smiley

Durant notre trajet de nuit jusqu'à Yangshuo (nous avions miraculeusement pris le bon bus!), nous avons fait la connaissance de Graham et Tamara, un couple d'anglais de notre âge qui avait prévu, à peu de choses près, le même itinéraire que nous en Chine et sur la même durée. Nous avons rencontré très peu d'occidentaux durant ce périple et c'était un bonheur de pouvoir les retrouver régulièrement et d'entreprendre quelques expéditions en leur compagnie!

Mais pour en revenir à Yangshuo, il s'agit du parfait exemple de la ville touristique préfabriquée à la chinoise! Cet endroit fut longtemps la Mecque des routards qui venaient s'y reposer entre deux métropoles dans un cadre enchanteur et authentique. Les "têtes pensantes" de Pékin avaient malheureusement d'autres plans pour cette ville, jadis comparée à Venise par les poètes… Elle se rapproche désormais plus d'une sorte de Disneyland où la jeunesse chinoise aisée vient fuir la réalité et dépenser de l'argent.

La modernisation des quartiers historiques et la construction de nouveaux secteurs en faux style ancien est le sort réservé à toutes les villes qui n'ont pas pu être protégées à temps par l'UNESCO. Bien qu'il ne reste plus grand chose d'authentique à Yangshuo, il n'est pas désagréable de se balader dans les petites ruelles de la vieille ville, flâner dans les marchés destinés aux touristes chinois, boire un verre sur une jolie terrasse et se laisser entraîner par l'animation incessante de cette ville métamorphosée.

Heureusement, il suffit d'enfourcher son vélo et de donner quelques coups de pédale pour découvrir des paysages extraordinaires. Malgré la brume et la pluie, notre première journée d'excursion a été très remplie. A peine sortis de la ville, nous avons eu l'impression d'entrer dans un compte de fée. Nous nous sommes vite retrouvés tout seuls au milieu des rizières et des pains de sucre qui s'étendaient à perte de vue.

A vrai dire, il ne nous aura fallu pas plus de 10 minutes pour nous retrouver complètement perdus avec juste une carte en chinois pour nous guider. Nous ignorions alors que ce sort allait nous être réservé durant tout notre périple dans l'empire du milieu. Après avoir traversé le charmant petit village de Jiao Xin et avoir demandé à plusieurs reprises notre chemin à l'aide de mimes, nous avons finalement atteint notre première destination: le Dragon Bridge. Ce pont vieux de 500 ans domine la rivière Yulong et constitue le point de départ de la descente de rivière en radeau. Cette attraction étant devenue un tel attrape-touriste pour les tours organisés de chinois, nous avons préféré fuir en continuant notre route dans la campagne.

Au terme de trois heures d'effort, nous nous sommes retrouvés à Shangri-La, un village construit selon les modèles tibétains, mais au beau milieu des pains de sucre. C'est une attraction typiquement destinée aux touristes chinois, mais nous avions vraiment besoin d'une pause et voulions participer au moins une fois à l'un de ces fameux tours organisés.

Nous n'avons pas été déçus! Tous les clichés ont bien été respectés: du tour guidé en bateau avec un micro au faux spectacle avec déguisements traditionnels en passant par les interminables photos de groupes et les poses (ridicules) à chaque occasion possible… L'endroit ne manquait pas de charme, mais il ne faut y chercher ni calme, ni authenticité.

Une fois cette visite instructive terminée, il était grand temps de prendre le chemin du retour. Nous avons malheureusement pris la mauvaise décision d'emprunter un petit sentier en terre et comme il avait plu les jours précédents, nous avons dû avancer dans la boue en portant notre vélo sur la moitié du trajet… Nous sommes arrivés éreintés à notre auberge juste avant la nuit et après une bonne douche chaude, nous avons retrouvé Olivier Balma (que nous avions rencontré en Birmanie) pour une sympathique soirée à Yangshuo. Il nous a prodigué de précieux conseils pour la suite de notre périple!

Nous avons eu la chance d'avoir un temps magnifique pour notre dernière journée à Yangshuo. Cela ne pouvait pas mieux tomber, car nous avions prévu une excursion en bateau sur la sublime rivière Li. Au cours de notre trajet en bus local pour l'embarcadère de Zhujiang, nous avons fait la rencontre de trois français en visite dans le coin pour quelques jours. Jean-Jacques vivait à Hong-Kong, Christine était en année d'échange à Shanghai et Jean-François était venu rendre visite à sa cousine et son frère depuis la France.

Le courant est tout de suite passé et nous avons décidé de faire cette croisière en radeau ensemble. C'était malheureusement sans compter la mafia locale et la pugnacité des chinois! Il faut se rendre à l'évidence, il est impossible de gagner un chinois à l'usure ou de le faire changer d'avis. Ils sont têtus et ils peuvent attendre la journée pour obtenir ce qu'ils veulent. Ce constat se vérifiera encore à de nombreuses occasions. Après 90 minutes de négociations infructueuses, nous avons donc jeté les armes et accepté de payer pour deux radeaux au lieu d'un seul (à un meilleur prix tout de même), mais ce qui nous attendait valait largement chaque yuan dépensé! En effet, la descente de la rivière Li jusqu'à Xingping est l'un des plus beaux spectacles auquel nous avons assisté en Asie! Jugez-en par vous-même… Pour la petite histoire, le paysage des billets de 20 yuans peut être admiré ici.

Une fois la croisière terminée, des étoiles encore plein les yeux, nous nous sommes hâtés de rentrer à Yangshuo pour encore vite aller grimper Moonhill, une colline surmontée d'une arche naturelle. Le point de vue au soleil couchant depuis le sommet valait bien les 30 minutes d'effort.

Après avoir juste réussi à attraper le dernier bus de retour, nous avons retrouvé nos rencontres de la journée le temps d'un bon souper et nous nous sommes quittés avec des promesses de retrouvailles. Nous avons d'ailleurs effectivement revu Christine à Shanghai deux mois plus tard!

Le lendemain, nous avons pris un bus en compagnie de nos amis anglais pour nous rendre aux magnifiques rizières en terrasses de Longji. Malgré un départ un peu difficile dans l'Empire du Milieu, nous ne regrettions pas de nous être lancés à la découverte de ce beau pays et nous nous réjouissions des aventures à venir.

 

Les rizières en terrasses de Longsheng

Après avoir quitté les magnifiques pains de sucre de Yangshuo, nous nous sommes enfoncés dans les montagnes du Guangxi pour rejoindre les rizières en terrasses de Longsheng. Les rizières se déploient à plus de 800 mètres d'altitude le long des pentes vallonnées des montagnes. Cette géométrie particulière leur a d'ailleurs valu le surnom poétique de Longji qui signifie épine dorsale de dragon. Ce sont les ancêtres des minorités ethniques qui, au 13ème siècle, y ont trouvé refuge et ont sculpté ces montagnes arides en espaliers verdoyants à la seule force de leur bras.

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Le gouvernement chinois ayant bien senti le filon potentiel avec cette région riche en beautés naturelles et traditions, un droit d'entrée doit être payé en arrivant dans le village de Ping'An qui est le seul accès aux rizières. Etant donné la complexité pour nous y rendre en transports publics, nous avons opté de voyager avec un tour organisé que nous avons ensuite fui à la première occasion pour rapidement nous installer dans notre auberge en compagnie de nos amis de voyage anglais.

Longsheng est un comté où vivent les minorités ethniques Zhuang, Yao, Dong et Miao. Ping'An est un village traditionnel Zhuang aussi célèbre pour ses femmes aux longs cheveux qui peuvent mesurer jusqu'à plusieurs mètres une fois détachées. En dehors de ça, chaque minorité a ses propres costumes et traditions. Un rite obligé pour tout bon touriste chinois qui se respecte est de se faire prendre en photo en costume traditionnel devant les rizières en terrasse.

L'avantage du tourisme organisé est qu'il y a un attroupement massif et bruyant de chinois pendant une à deux heures aux coins touristiques et que tout le reste de la journée les montagnes sont désertes. Nous avons donc tranquillement mangé du riz cuit dans des tiges de bambous (une spécialité du coin) pour prendre des forces avant d'attaquer une longue promenade au milieu des rizières environnantes. Malheureusement, nous étions juste quelques semaines trop tôt pour pouvoir admirer les rizières gorgées d'eau. Le spectacle était malgré tout de toute beauté!

Après une heure de marche, nous sommes arrivés au point de vue des neuf dragons et cinq tigres.

A une trentaine de minutes de là se trouve le point d'observation des sept étoiles avec la lune, qui est le plus connu de la région et il faut bien avouer que le panorama était époustouflant!

De là, nous avons décidé de sortir des sentiers battus pour nous perdre au milieu des rizières afin de les voir de plus près et d'observer comment les locaux travaillent la terre. Nous avons rebroussé chemin après avoir atteint un petit hameau un peu isolé et donc beaucoup plus authentique.

Le lendemain nous nous sommes levés de bonne heure pour attaquer la longue traversée jusqu'au village Dazhai. Ce devait être une marche de 4 bonnes heures selon notre ami Olivier rencontré à Yangshuo, mais c'était sans compter le fait que les randonnées ne sont pas du tout marquées dans ce pays! Cela se révèlera d'ailleurs être un problème majeur récurrent partout où nous nous trekerons en Chine. On a donc réussi à se perdre plusieurs fois et il aura fallu demander notre chemin à plusieurs reprises pour finalement atteindre notre destination après pas loin de six heures! Pour notre défense, ce n'est pas comme s'il y avait des plans disponibles de la région et comment différencier une rizière d'une autre?

Juste avant de descendre sur Dazhai, le point de vue correspondant au doux nom de musique du paradis est peut-être le plus beau spot de la région. Mais nous n'avons pas pu nous attarder très longtemps comme la brume commençait à s'installer et que nous devions encore trouver un moyen de rentrer à notre auberge à Ping'An.

Dazhai est un village plus rural et tranquille que Ping'An, car abrité du tourisme de masse. Aucune voiture ne peut pénétrer dans le village, car il n'y a tout simplement pas de route. Tout y est donc amené à dos d'homme et de mulets, ce qui donne lieu à de très belles scènes de vie.

Une fois de retour à l'auberge, nous avons savourer un bon souper local accompagnée d'une Tsingtao bien fraîche avec nos amis et nous avons regardé une projection de l'excellent Ip Man avant de nous effondrer de sommeil. Notre séjour dans les rizières verdoyantes de Longsheng restera un des moments marquants de notre voyage à travers l'Empire du Milieu.

 

Kunming et la Forêt de Pierres

Au centre du haut plateau du Yunnan, à 1800 mètres d'altitude, Kunming constitue la porte d'accès la plus directe à la Chine du sud-ouest. Surnommée la "Cité de l'Eternel Printemps" en raison de la douceur de son climat, Kunming est une grande ville moderne à la chinoise. Les lieux d'intérêts y sont rares. Seuls les quelques vestiges historiques datant de l'époque à laquelle Kunming était une étape importante sur la route de la soie vers la Birmanie valent réellement le détour.

Il faut également savoir qu'en ayant pénétré dans la Chine profonde, les locaux ne parlent désormais plus que le mandarin avec quelques subtilités régionales et des choses aussi banales que commander un repas ou prendre un bus peuvent devenir un vrai cauchemar. Même nos enseignes favorites ne sont plus reconnaissables que par leur logo!

En ajoutant encore la différence énorme de culture, nous avons vécu quelques moments de franche solitude, mais pour ne pas trop décourager les futurs aventuriers qui voudraient explorer le pays du milieu, nous allons nous concentrer sur nos visites, en commençant par le charmant parc du Lac Emeraude. Ce jardin est animé du matin au soir par les adeptes de tai-chi, les joueurs de mah-jong et les amateurs de danse de l'éventail.

Non loin de là se trouve le vieux temple Yuantong, ou temple de la Compréhension de toute choses, fondé il y a plus de 1200 ans au pied d'une colline. Il s'agit du temple bouddhiste le plus important du Yunnan. Un chemin bordé de fleurs descend vers un plan d'eau au milieu duquel se dresse un pavillon octogonal dédié au bodhisattva de la Compassion. Il y règne une sérénité des plus appréciables.

Le centre-ville en lui même n'a pas grand chose d'attrayant, mais il faut admettre qu'il n'est pas trop désagréable de déambuler dans les rues centrales en observant ce qui se passe autour de nous…

Mais la véritable raison de notre séjour à Kunming est la Forêt de Pierres, appelée Shilin en chinois, située à 130 km de là. Et comme bien sûr notre auberge n'organisait pas le transport il a fallu recourir aux bus publics au prix de grands tourments dont nous allons vous épargner les détails. Ce qu'il faut retenir c'est qu'à partir de cette journée, nous n'avons plus jamais quitté une auberge sans un bout de papier avec notre destination écrite en chinois!

Pour en revenir à cette fameuse forêt pétrifiée, elle consiste en un ensemble de pitons rocheux karstiques pouvant atteindre jusqu'à 30 mètres de haut. Le clou de ce parc est d'ailleurs l'ascension d'un de ces pitons au sommet duquel se tient un pavillon d'où la vue s'étend sur l'ensemble de la Forêt de Pierres.

Comme dans tous les lieux d'intérêt en Chine, les touristes domestiques se contentent de se faire prendre en photo devant les sites principaux qui peuvent donc être bondés, mais il suffit de s'aventurer quelques pas en dehors de cette folie pour se retrouver pratiquement seul dans des endroits souvent encore plus beaux!

Ces sortes de stalagmites calcaires composent un vaste labyrinthe dans lequel il est très agréable de se perdre. Les passages étroits entre deux façades rocheuses nous ont particulièrement impressionnés. Les chinois attribuent toutes sortes de superstitions et légendes à ces rochers aux formes parfois évocatrices et aux noms poétiques comme le Rhinocéros contemplant la lune, la Femme attendant son époux ou le Chameau chevauchant l'éléphant…

Le parc comprend plusieurs lacs qui ajoutent encore du charme à l'ensemble.

Comme la zone ouverte au public s'étend sur plus de 80 hectares, nos quatre heures de balade n'ont pas suffi à faire complètement le tour de ce magnifique site UNESCO. Le chemin du retour nous a également réservé de très beaux paysages. De retour à Kunming, nous étions prêts à nous lancer à la conquête du Yunnan.

 

Dali et le lac Erhai

Le Yunnan est la province chinoise qui offre la plus grande variété de climats, de paysages et de populations. C'est ici que se trouvent les plus belles merveilles naturelles du pays, dont nous avions déjà eu un aperçu avec la Forêt de Pierres. Sur les 56 minorités ethniques officielles du pays, 25 sont présentes au Yunnan et le bouddhisme d'origine tibétaine se retrouve un peu partout.

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Après avoir exploré Kunming et ses environs, nous nous sommes enfoncés dans l'ouest du Yunnan. A mesure que nous nous rapprochions du Tibet, nous montions en altitude et nos soirées devenaient de plus en plus fraîches. Six heures de bus ont été nécessaires pour rejoindre l’ancienne ville de Dali, reconnue pour son histoire très longue, son héritage culturel riche ainsi que ses sublimes paysages. Elle est située entre le lac Erhai et les montagnes Cangshan d'où est extrait son marbre réputé dans toute la Chine. Le marbre se dit d'ailleurs Dali shi ou pierre de Dali en mandarin.

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La première impression en arrivant dans cette ville est de se retrouver au beau milieu d'un décor de film chinois! Nous étions en effet entourés de remparts de pierres, de grosses portes médiévales, de lampions colorés, d'élégantes maisons aux toitures traditionnelles, de monastères bouddhistes et d'une foule de promeneurs car les jolies rues pavées sont exclusivement piétonnes. Dali est certes touristiques, mais ô combien charmante!

La vieille ville de Dali a su préserver son cachet et bien qu'une grande partie des habitations aient été rénovées, il est toujours possible de trouver des maisons d'époque en s'éloignant un peu des zones touristiques. Les vieilles bâtisses d'architecture bai se distinguent par leur porte d'entrée ouvragée donnant sur un haut mur dissimulant une cour intérieure fleurie.

La rue du Puit du Dragon Rouge est un ajout récent repensé à l'ancienne et du coup bien plus artificiel. C'est le coin des bars et restaurants destinés au tourisme de masse chinois…

D'une manière générale, toutes les rues sont fleuries, animées et bordées de nombreux magasins de joyaux, de textiles, de thé et de produits de l’artisanat…

Une fois n'est pas coutume, nous aimerions vanter les mérites de notre auberge, car elle trônerait certainement en haut du podium si nous devions élire le meilleur hébergement de notre voyage! Il s'agit de l'Emu Guesthouse qui est moderne, authentique et confortable. La nourriture y est exceptionnelle et le personnel tout particulièrement serviable pour la Chine. Le fait que le propriétaire soit australien y est peut-être également pour quelque chose.

Notre auberge géniale organisait aussi des excursions autour du lac Erhai (signifiant oreille en raison de sa forme allongée) en compagnie de guides locaux. Comme il fallait être au moins six personnes pour prendre le départ, nous avons convaincu nos amis anglais que ça en valait la peine et après un copieux petit déjeuner, nous voilà partis en direction du temple des Trois Pagodes, symbole de toute la région. L'entrée coûtant 20 dollars par personne pour pouvoir seulement s'approcher des pagodes, nous nous sommes contentés de les observer depuis l'extérieur, surtout qu'il faut reconnaître qu'elles étaient loin de nous impressionner…

L'étape suivante a eu lieu à Xizhou, magnifique petit village à 19 km au nord de Dali. La place centrale est très pittoresque et les rues sont bordées de maisons bai parfois en mauvaise conditions, mais tellement plus authentiques qu'à Dali. Il est possible de visiter certaines cours intérieurs fort jolies cachées derrière de hauts murs.

Le marché était comme d'habitude très animé, mais il faut reconnaitre qu'il n'y avait pas grand chose qui nous attirait. On s'est quand même aventuré à goûter un baba, spécialité du village qui consiste en un pain fourré de lardon et de ciboulettes cuit dans l'huile. Vraiment pas mal du tout! La visite de Xizhou s'est terminée par un petit détour dans une fabrique de nouilles de riz.

Après avoir traversé de nombreuses rizières et terres agricoles, nous nous sommes brièvement arrêtés dans un atelier de teinturerie où nous avons pu suivre toutes les étapes de production des batiks colorés qui se retrouvent partout dans la région. Le tissu, noué avant d'être plongé dans la teinture, laisse apparaître le motif une fois défait. Leurs motifs blancs sur fond indigo sont devenus célèbres dans toute la Chine.

A la pointe nord-ouest du lac Erhai se trouve Shaping, spécialement reconnu pour son grand marché de fruits, légumes, tissus et denrées en tout genre.

Shaping semble plus pauvre que Xizhou, mais c'est un village encore plus authentique où les scènes de vie sont touchantes.

Nous nous sommes ensuite arrêtés proche d'un petit temple surplombant le gros village de Shulanglang pour dîner. Les toits en tuiles se découpant sur le lac constituent un spectacle très photogénique avec une île au loin entièrement transformée en parc à thème médiéval.

Notre dernière halte se fit à Temple Island, un joli petit temple accroché à un affleurement rocheux sur le lac Erhai. Le temps commençant à se gâter, le timing était donc idéal pour rentrer sur Dali.

Pour notre dernière journée à Dali, nous avons décidé de prendre un peu d'altitude pour aller nous promener dans les montagnes Cangshan, réputées dans la région. Pour y accéder, un télécabine permet de se faciliter un peu la tâche.

Une fois arrivés à destination, nous nous sommes mis en tête d'aller voir des bassins en terrasses qui devaient se situer environ trois kilomètres plus haut que l'arrivée du télécabine. Les seuls plans à disposition étaient malheureusement en mandarin et les quelques chinois que nous avons accostés semblaient tous pointer dans la même direction, alors nous nous sommes lancés. Nous avons d'abord emprunté un petit sentier, puis un joli pont et puis comme le sentier s'arrêtait devant le lit asséché d'une rivière, il nous a semblé logique de continuer dans cette direction…

Bien vite, nous nous sommes retrouvés à escalader de gros cailloux.

Ce n'est qu'après trois heures de grimpe que le doute a commencé à nous envahir. Nous n'étions pas sûrs de comprendre pourquoi nous étions absolument les seules personnes dans cet endroit splendide, ni pourquoi nous n'avions apparemment toujours pas atteint ces fameux bassins après tout ce temps.

Même en arrivant dans ce qui avait méchamment l'air d'être un cul-de-sac, je n'ai pas voulu me rendre à l'évidence. Je me suis lancé à l'assaut d'un tronc d'arbre posé contre une paroi qui, selon moi, ne pouvait être là que pour nous permettre de continuer notre route. Pour ma défense, il ressemblait fortement à une échelle!

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C'est à ce moment là que Cindy a posé son veto et que nous nous sommes décidés à rebrousser chemin. Une fois de retour sur le petit sentier du départ, nous avons découvert trois panneaux informant du danger de pénétrer dans la zone où nous venions de passer cinq heures… Inutile de dire que nous avons remercié notre bonne étoile plus d'une fois et nous avons par la suite redoublé d'attention avant de nous lancer aveuglément dans une marche!

C'est donc juste avant le coucher du soleil que nous avons trouvé le bon sentier, qui était en fait une vraie route pavée! Nous avons donc fait les six kilomètres aller-retour à la course afin de profiter un peu des belles vues sur Dali et le lac Erhai. Quant aux fameux bassins en terrasses, il se trouvait qu'ils étaient complètement asséchés en cette période de l'année et sans grand intérêt…

Après cette journée mouvementée, nous avons repris le télécabine pour passer notre dernière soirée à Dali avant de rejoindre Lijiang, sans doute la ville que nous avons préférée en Chine!

 

La vieille ville de Lijiang

A 2400 mètres d'altitude et dominée au loin par la silhouette de la montagne du Dragon de Jade aux sommets enneigés, Lijiang est sans doute la ville chinoise avec le plus de charme. Il s'agit de la capitale du pays naxi, une minorité ethnique très particulière aux traditions anciennes et matriarcales. Provenant des confins du Tibet, les Naxi se sont sédentarisés dans la région il y a plus de 1000 ans. Lijiang est séparée entre la nouvelle cité moderne présentant peu d'intérêt et la vieille ville pleine de charme inscrite au Patrimoine Mondiale de l'UNESCO en tant que "ville ancienne exceptionnelle sise dans un paysage spectaculaire". Nous approuvons.

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Notre arrivée dans cette ville a été plutôt mouvementée! En effet, notre bus au départ de Dali a eu deux heures de retard, ce qui nous a fait arriver à la gare routière de Lijiang après le départ du dernier bus public. Et contrairement au reste de l'Asie où nous nous faisions accoster avant même d'avoir pu poser un pied hors du bus, en Chine c'est tout l'opposé! Les conducteurs de taxi ont peur des étrangers parce qu'ils n'arrivent pas à communiquer et de toute évidence, ils ne savent pas non plus lire une carte! Nous avons supplié des dizaines de taxis de bien vouloir nous prendre, mais en vain.

Comme nous bloquions la moitié de la circulation, la police a fini par intervenir, mais eux non plus ne parlent pas un mot en dehors du mandarin. Nous avons alors appelé notre auberge grâce à une carte SIM achetée le matin même pour leur expliquer la situation et qu'ils puissent nous servir d'interprètes (deuxième règle de survie en Chine: toujours s'assurer que le personnel de l'hôtel parle quelques mots d'anglais!)… Une fois que les policiers eurent compris notre problème, ils ont bien essayé de nous aider, mais les chinois étant têtus, ce ne sont pas les forces de l'ordre qui pourraient leur faire changer d'avis! Après plus d'une heure à essayer de convaincre tous les taxis de la ville, ils n'ont pas eu d'autre choix que de s'occuper personnellement de nous… Nous avons créé une petite sensation à l'auberge en débarquant à minuit d'une voiture de police, les gyrophares allumés! Notre séjour à Lijiang s'annonçait intéressant.

Lijiang map

Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes partis explorer la vieille ville dont les ruelles tortueuses bordées de jolies maisons basses forment un grand labyrinthe. Nous nous y sommes d'ailleurs perdus à plusieurs reprises, mais toujours avec le bonheur de découvrir un nouveau quartier pittoresque.

La ville est aussi agrémentée de nombreux petits canaux enjambés par de jolis ponts en pierre ou des passerelles en bois sculptées. Le système de canalisation est d'ailleurs aussi vieux qu'ingénieux et est toujours utilisé aujourd'hui. L'eau provenant de la montagne du Dragon de Jade semble suffisamment pure pour que les habitants n'hésitent pas à s'en servir pour laver leur linge.

Le rez-de-chaussée des maisons traditionnelles naxi est occupé par une échoppe parfois cachée derrière de grands volets en bois alors que les pièces d'habitation sont à l'étage. Les boutiques sont ouvertes dès les premières lueurs de l'aube jusque bien après la tombée de la nuit. Nous avons essayé les biscuits à la rose, une délicieuse spécialité locale! La seule chose à laquelle il a été plus difficile de s'accommoder est l'odeur très forte du yak qui cuit un peu partout dans les rues…

Le tremblement de terre qui a ravagé un tiers de la ville en février 1996 a heureusement laissé intacts la plupart des habitats traditionnels, en bois et pierre, plus résistants aux séismes que les bâtiments modernes construits sans précautions particulières.

La longue rue principale pavée et bordée de fleurs mène à la place centrale. C'est un vrai plaisir de la descendre en observant l'animation autour de nous.

La place centrale est toujours extrêmement animée et le soir à la nuit tombée elle est réquisitionnée pour les traditionnelles danses populaires. Un vrai poème!

Au sud-est de la vieille ville se tient tous les jours un grand marché plutôt destiné aux locaux; le reste de la ville étant envahi de touristes chinois. Lijiang attire principalement les gens de classes aisées souhaitant fuir le bruit, la pollution, le stress et le modernisme des grandes villes. Les autres n'ont tout simplement pas les moyens de voyager.

Mais le véritable joyau de la ville est le sublime panorama sur les toits en tuiles depuis les hauteurs de la colline du Lion. Le spectacle se laisse encore plus apprécier avec une bonne bière locale bien fraîche.

Au nord du centre historique se trouve le parc de l'Etang du Dragon Noir qui était l'une des images de la Chine qui nous avait fait rêver avant notre départ. Nous étions donc impatients de découvrir le Pavillon aux Cinq Phoenix surplombant un lac aux eaux claires avec les montagnes aux cimes enneigées dans le lointain. Malheureusement, une fois arrivés sur place, nous avons retrouvé un étang complètement vide à cause d'une période de trois mois de sécheresse! Quel choc! Le parc était très beau malgré tout, mais ce n'était pas exactement ce à quoi nous nous attendions…

Un peu en retrait du lac asséché, un très beau temple de style tibétain a réussi à atténuer un peu notre déception. Les joueurs de mah-jong ne semblaient de toute évidence pas aussi affectés que nous.

Notre dernière journée à Lijiang a malheureusement été gâchée par une violente intoxication alimentaire suite à l'ingestion d'une soupe aux nouilles avec de l'eau certainement mal bouillie. Je suis resté cloué au lit pendant 36 heures en ne réussissant à avaler qu'une banane et une petite barre de chocolat. L'odeur du yak cuisant dans de l'huile rance qui montait jusque dans la chambre a été une vraie torture! Une année après cet incident, je n'arrive toujours pas à manger n'importe quel plat où des nouilles se noient dans de l'eau…

Nous avions ensuite prévu d'effectuer la fameuse randonnée des Gorges du Saut du Tigre, qui s'annonçait éprouvante vu mon état…

 

Les spectaculaires Gorges du Saut du Tigre

Les spectaculaires Gorges du saut du tigre, situées à 100 km au nord de Lijiang, sont traversées par le fleuve Yangzi, descendu des hauteurs du Tibet. Elles sont considérées comme les plus belles et les plus profondes de Chine. Leur nom provient d'une légende selon laquelle un tigre aurait franchi d'un bond le Yangzi pour échapper à un chasseur.

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Nous avions prévu de faire cette randonnée sur deux jours en compagnie de Renata, une sympathique mexicaine que nous avions rencontrée quelques jours plus tôt à Dali lors de notre excursion autour du lac Erhai et que nous avions recroisée la veille par hasard dans les rues de Lijiang, alors qu'elle s'était perdue.

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Une fois que notre bus nous a déposés au village de Qiaotou, ça n'a pas vraiment été une surprise pour nous de ne trouver aucun panneau indiquant la direction à suivre et puisque personne ne savait nous indiquer le départ de la marche, il nous aura fallu près d'une heure avant de trouver enfin le bon chemin. Attention, le panneau en introduction se trouve au beau milieu de la marche, à côté de la Naxi Family Guesthouse, et non pas au départ comme la logique l'entendrait…

Une fois sur le bon sentier, nous étions partis pour 8 heures de grimpette dans un décor époustouflant! Si vous vous souvenez, je souffrais d'une terrible intoxication alimentaire contractée à Lijiang et je n'avais pratiquement rien avalé depuis 36 heures. Cependant, les trois premières heures de montée n'ont pas été aussi difficiles que je ne le craignais.

Par contre, une fois arrivé au bas des fameux 28 lacets, je n'avais littéralement plus la force de faire un pas de plus! J'avais beau insister et serrer les dents, mais toute la volonté du monde n'était pas suffisante à me faire avancer… Cindy avait anticipé le coup et avait déjà signalé un peu plus tôt à un brave chinois et son mulet que je risquais d'avoir besoin d'un coup de main. Je ne voulais tout d'abord pas en entendre parler, mais j'ai finalement dû me rendre à l'évidence: j'allais devoir monter sur un mulet si je voulais arriver un jour au bout de cette marche…

Je n'ai pas eu le même mérite que Cindy et Renata, mais je n'en ai pas moins savouré la vue splendide qui s'offrait à nous une fois ces satanés lacets franchis. Les sommets des montagnes en face de nous culminaient à plus de 5000 mètres d'altitude.

Comme mon mulet était une flèche, je suis arrivé bien avant les filles et j'ai du coup eu un peu de temps pour me reposer. De là, il nous restait encore près de 4 heures de marche pour arriver jusqu'à notre auberge, mais le sentier longeait désormais la falaise en pente douce et nous étions tous portés par la splendeur des paysages! Nous étions nez-à-nez avec les parois rocheuses des montagnes.

Nous avions choisi d'éviter la Half Way Guesthouse parce que les propriétaires ont la mauvaise réputation d'arnaquer les voyageurs en abusant de leur situation idéale à mi-parcours de la randonnée. Nous avons donc marché une petite demi-heure de plus jusqu'à atteindre la Five Fingers Guesthouse qui est sans doute la pension la plus authentique de la région. C'est probablement aussi la plus rudimentaire. Pour ceux qui connaissent, les toilettes consistent simplement en une gouttière et un saut d'eau et les douches se résument à un tuyau accroché au mur avec de la ficelle. Mais nous avons eu de l'eau chaude et le propriétaire qui ne parlait bien sûr pas un seul mot d'anglais nous a préparé un délicieux rösti (enfin la version chinoise du rösti) qui m'a bien requinqué! Je n'ai pas osé goûter à son thé par contre…

Le lendemain nous nous sommes remis en route de bonne heure afin de ne pas louper le seul bus qui partait pour Shangri-La dans l'après-midi. Les paysages étaient encore plus sublimes aux premières lueurs du jour et nous avons pu en profiter pleinement sans aucun autre touriste à l'horizon! Seul un troupeau de chèvres (en fait celui de l'auberge où nous avions dormi la veille) nous accompagnait. smiley

Après deux bonnes heures de balade, nous avons vite pris un petit déjeuner au Tina's Guesthouse. Certes le gros bâtiment moderne défigure un peu les gorges, mais nous avions besoin d'énergie avant d'attaquer la descente à pic vers la rivière Yangzi par le vieux chemin des échelles. Eh oui, c'était si raide qu'il fallait régulièrement descendre des échelles parfois de plus de 20 mètres de long et le reste du temps les marches étaient gravées à même la falaise. Autant dire que nous avons versé quelques grosses gouttes de sueur et ce n'était pas dû à l'effort…

Une fois arrivés au niveau du fleuve, une "plateforme" d'observation permettait de profiter de ce spectacle très impressionnant. Les falaises vertigineuses de chaque côté nous donnaient l'impression d'être vraiment minuscules.

Il était possible de se rendre sur un deuxième rocher un peu plus loin, accessible par deux ponts. Une personne était postée devant le premier et demandait une petite contribution pour le franchir. Malheureusement, c'est une pratique courante sur cette belle randonnée! Nous avons régulièrement été embêtés par des chinois qui se postaient aux endroits stratégiques et demandaient de l'argent pour nous laisser emprunter une échelle, un pont ou simplement prendre une photo. Cela était d'autant plus ennuyeux que nous avions déjà été forcés de payer une taxe au départ afin de pouvoir faire cette marche. Nous nous étions d'ailleurs fait insulter la veille par une mamie chinoise car je l'avais un peu bousculée pour prendre une photo à un endroit qu'elle "gardait". Cette fois-ci, j'étais trop épuisé pour discuter et je me suis donc acquitté de la taxe. C'est là que le comble de la sournoiserie m'a frappé: une autre personne cachée attendait près du deuxième pont demandant un droit de passage deux fois plus élevé que le premier! Ayant cru à une blague j'ai essayé de forcer un peu le passage, mais ce gardien allait apparemment en venir aux mains si je faisais mine de continuer. Puisqu'il était exclu que je donne le moindre centime à ce malhonnête, je suis descendu sous le pont pour escalader le rocher de l'autre côté. Au final, la vue n'était pas plus belle qu'au premier endroit…

Après avoir admiré ces belles gorges depuis tout en bas, il nous a fallu un peu plus d'une heure de montée à pic afin de regagner l'arrêt de bus. Une fois au sommet, Renata s'est effondrée sur un rocher en promettant de ne plus jamais se faire souffrir intentionnellement dans le futur. Quant à nous, nous avions six jours pour nous en remettre avant de nous lancer à l'assaut des forêts de Jiuzhaigou, également situées à plus de 4000 mètres d'altitude…

 

Shangri La, à la frontière du rêve

Shangri La, ce nom poétique et exotique évoque un royaume imaginaire, un monde idéal, une sorte de paradis perdu. Ce lieu fantastique est sorti de l'imaginaire de l'auteur britannique James Hilton en 1933. De nombreux aventuriers ont ensuite sillonné l'Asie à la découverte de ce mystérieux royaume, malheureusement sans succès. L'histoire aurait pu s'en tenir là sans l'intervention de spécialistes chinois qui ont vu des points communs avec la ville de Zhongdian en bordure du Tibet qui a repris officiellement le nom de Shangri La en 2001. En Chine, la frontière entre mythe et réalité est décidément très perméable…

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Zhongdian ou Shangria La se trouve donc au nord-ouest du Yunnan, à 3160 mètres d'altitude, entre de vastes pâturages à yaks et les montagnes tibétaines aux cimes enneigées. Les tibétains représentent d'ailleurs 50% de la population de la ville. Zhongdian est un peu une porte d'entrée vers une autre dimension de la Chine et la ville possède un charme authentique rare. Un peu comme dans certains lieux en Birmanie, nous avons ressenti une spiritualité très forte ici.

La vieille ville construite au pied d'une colline est certes petite, mais très belle. De jolies maisons anciennes jalonnent les ruelles tortueuses un peu comme à Lijiang, mais sans les hordes de touristes. Nous en sommes tombés sous le charme.

Une danse locale traditionnelle a lieu tous les soirs sur la place centrale qui nous a offert un moment magique.

Notre promenade nous a mené par plusieurs temples bouddhistes en commençant par celui aux 100 poulets, isolé au sommet d'une colline. L'effet de l'altitude a tendance à transformer la moindre petite marche en effort intense. Une fois en-haut, le panorama était sublime et les milliers de fanions colorés donnaient une ambiance unique à ce lieu de prière.

Ce temple est apparemment peu visité et nous avions des poulets et des yaks comme principale compagnie.

Une fois de retour en ville, le temple Jing Tang, récemment rénové, possède une jolie toiture.

Sur les hauteurs, le temple Da Gui Shang est visible depuis toute la vieille ville.

Il est accessible par une longue série d'escaliers bordée de fanions multicolores.

Il possède également le plus grand moulin à prière du monde qui pèse pas moins de 60 tonnes. Une tentative un peu démesurée de faire entendre nos prières…

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La vue sur les toits de la vieille ville tout autour est également très belle. 

Nous avons exploré la région de Zhongdian en compagnie de Renata qui se trouve justement être bouddhiste. C'est une chance extraordinaire, car elle a ainsi pu nous apprendre les principes de cette "religion" ainsi que les différents courants qui nous étaient complètement étrangers.

Pour notre dernière journée dans le Yunnan, nous sommes allés visiter le sublime monastère SongZanLin qui date de 1679. Avec encore 500 moines en activité, il s'agit du monastère tibétain le plus important en dehors du Tibet.

Ce monastère est constitué de plusieurs bâtiments de couleurs rouge et jaune dont le style architectural rappelle celui des bâtiments monastiques du Tibet, notamment avec leurs toits dorées qui scintillent à la lumière du soleil. Il est d'ailleurs surnommé le petit Potala en raison de sa ressemblance avec le Palais de Lhassa.

L’intérieur des bâtiments renferment de magnifiques salles de prière joliement décorées de peintures tibétaines racontant des légendes bouddhistes ainsi que de statues de représentations Thangkas.

De nombreuses fresques représentent la vie de Bouddha et la roue de la vie qui caractérise les six domaines de l’existence. Le centre de la roue symbolise les trois poisons de la vie: l’ignorance, la haine et l’avidité.

Le temple principal se situe au sommet de quelques 200 marches. A l’intérieur, une grande salle avec 108 piliers peut accueillir 1500 moines qui se rassemblent parfois pour psalmodier à la lumière des lampes à huile.

Les alentours du monastère sont tout aussi remarquables.

Comme dans tous les lieux d'intérêt du pays, la visite ne serait pas complète sans la ribambelle de poses des touristes chinois, plus comiques les unes que les autres!

 
Chengdu et ses adorables pandas géants

Nous avons quitté le Yunnan, non sans regret, pour rejoindre Chengdu dans le Sichuan. Il s'agit du dernier refuge du panda géant sur Terre, alors inutile de dire que Cindy était toute excitée! C'est malheureusement aussi ici qu'un énorme tremblement de terre avait fait d'innombrables dégâts et victimes 10 jours plus tôt, mais par chance, nous n'avons pas été menés à traverser les zones sinistrées.

 

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Avec plus de 9 millions d'habitants, Chengdu est la capitale du Sichuan. Son nom signifie "Capitale Parfaite", ce qui semble l'avoir placée sous les meilleurs auspices pour lui assurer la prospérité jusqu'à nos jours. C'est ici qu'ont été créés le premier système de dépôt bancaire ainsi que le papier-monnaie. La ville en elle-même est plutôt agréable et il est facile de s'y orienter et de s'y déplacer, contrairement à la majorité des grandes villes chinoises.

La place centrale de la ville abrite un petit parc, le siège du gouvernement ainsi qu'une statue de Mao. Un magasin Carrefour à proximité nous a permis de renouer avec un bon fromage et du jambon cru importé. Quel délice!

Non loin de notre auberge, située au nord de la ville, le temple bouddhiste Wenshu est dédié au bodhisattva de l'intelligence. Il est entouré de vieilles habitations pittoresques, de maisons de thé et de jardins. Beaucoup d'habitués viennent y brûler des encens devant le Bouddha du futur.

Chengdu possède également deux rues piétonnes parallèles dédiées aux masses de touristes chinois. Les cafés, restaurants et magasins de souvenirs s'y succèdent.

Mais ce qui est réellement incontournable à Chengdu, ce sont les adorables pandas géants! Il ne resterait qu'une centaine de pandas en liberté aujourd'hui, mais le centre de reproduction est le meilleur endroit pour les observer de près.

 

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Pas très portés sur la chose, ces gros nounours se rencontrent difficilement et rarement et les femelles ne peuvent élever qu'un bébé à la fois. Monsieur a également quelques problèmes anatomiques, ce qui réduit drastiquement la fertilité de l'espèce, d'où leur position en tête de liste des animaux les plus menacés d'extinction par le WWF.

 

Giant Panda Distribution

Les pandas se nourrissent exclusivement de feuilles de bambous et à les voir engloutir leur repas, ils ont l'air d'en raffoler!

Les bébés pandas sont extrêmement mignons et nous pourrions les regarder jouer pendant des heures! Entre sourires, bagarres, glissades et drôle d'escalades, pas moyen de s'ennuyer. Leurs expressions nous font en tout cas craquer!

Le dernier enclos de la visite est aussi le plus peuplé, mais il était apparemment déjà l'heure de la sieste. Ça nous a malgré tout donné l'opportunité de les voir dans toutes les positions imaginables!

Un peu en retrait, il est aussi possible de s'approcher des red pandas, des cousins éloignés au regard plus félin qui aiment se prélasser dans les arbres.

Pour notre dernière journée dans le centre du Sichuan, nous avons décidé d'aller voir le Grand Buddha de Leshan. Come d'habitude, aucun tour n'existait pour les non-chinois, alors nous avons dû nous y rendre par nos propres moyens, ce qui signifie: tendre un papier indiquant la gare routière en mandarin au taxi qui aura bien voulu nous prendre, faire 30 minutes de file à un guichet en se faisant pousser dans tous les sens pour prendre nos tickets, essayer de rentrer dans chaque bus qui arrive pour nous faire rejeter à chaque fois jusqu'à passé une heure après le temps de départ prévu, rouler pendant des heures sans avoir la moindre idée de la direction dans laquelle nous allons, stresser la moitié du trajet en espérant que le chauffeur a bien compris qu'il devait nous indiquer l'arrêt où sortir et finalement se faire débarquer quelque part sans aucun repère en n'ayant pas d'autre choix que de faire aveuglément confiance à ce qui nous est dit (en mandarin toujours)… C'est donc une vraie bénédiction d'être tombés sur une gentille chinoise de Shanghai qui s'est proposée de nous aider une fois descendus du bus! Elle allait justement voir la même chose que nous et nous ne l'avons donc plus lâchée jusqu'à la fin de la visite.

Comme nous avions traîné un peu le matin avant de partir pour Leshan, nous n'avons eu que 2h30 pour faire le tour du site qui est beaucoup plus vaste que nous ne l'imaginions et s'étale même sur deux collines couvertes d'une végétation dense. La première partie consiste à monter une série de marche jusqu'à atteindre un petit temple.

Le Big Bouddha, classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, est en fait le plus grand Bouddha en position verticale du monde. Il a été sculpté dans la roche à même la falaise et culmine à plus de 78 mètres de haut! Il date du 8ème siècle et aurait le rôle de protéger les navigateurs voguant sur les trois rivières en contrebas. Le chemin mène directement à la hauteur de sa tête pour le moins imposante.

Il est possible de descendre un escalier escarpé à flanc la paroi jusqu'à atteindre les pieds du Bouddha dont les gros orteils mesurent déjà 8.50 mètres. De là, il est difficile de prendre ce géant en entier sur une photo.

Comme vous pouvez le voir, les chinois sont les champions du google translate pour leurs panneaux et le résultat est presque toujours catastrophique! Ça nous fait bien rire en tout cas.

Comme chaque lieu touristique en Chine, leur visite ne se passe jamais sans une ribambelle de poses des plus cocasses aux plus ridicules.

Le chemin du retour nous a mené par un joli sentier dans la forêt et quelques pavillons à moitié cachés par la végétation ici et là.

 

Dans la féérie de Jiouzhaigou

Jiouzhaigou se situe à 350 km au nord de Chengdu, soit onze très longue heures de bus sur des routes sinueuses. Le nom signifie "vallée des neuf villages", bien qu'en fait le parc soit composé de trois vallées principales en forme de Y. Le site abrite une vingtaine de pandas géants et est encerclé de hautes montagnes dépassant les 4500 mètres d'altitude. Il est constitué d'une succession féerique de bassins colorés de diverses tailles reliés entre eux par des torrents ou des cascades.

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Cette merveille naturelle est le produit peu commun des effets de glaciation et de tremblements de terre sur un relief karstique. Le site est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1992. Il s'agit d'une préfecture autonome du Tibet dont l'influence s'en ressent d'ailleurs partout.

Jiouzhaigou

Comme le prix d'entrée du parc est complètement déraisonnable et qu'il n'est valable que pour une journée, il a fallu bien étudier notre itinéraire pour réussir à tout voir! Heureusement, il prend en compte un usage illimité des bus qui parcourent le parc, parce que le sommet est situé à quelques 30 km de l'entrée. Nous avons donc commencé notre visite par la Primeval Forest au sommet de la Rize Valley. Il s'agit de la seule forêt primaire du parc qui abriterait les quelques pandas géants en liberté, mais nous n'avons pas eu la chance d'en croiser un sur notre chemin.

Un petit peu plus bas, le Grass Lake est confiné au milieu de la vallée étroite et escarpée. Il se nomme ainsi en raison de la couche de végétaux qui recouvre le fond du lac et lui donne sa couleur.

Le Grass Lake se déverse plus bas par une série de petites cascades transversales qu'il est possible de longer par un sentier.

Ensuite, le Panda Lake est un des lacs les plus photogéniques du parc. Selon la profondeur, la nature des fonds, l'angle de vue et l'heure de la journée, les piscines passent du vert le plus profond à un bleu clair presque surnaturel. La flore alentour n'est pas en reste avec une palette complète de verts formés de résineux, d'érables, de mélèzes et de peupliers.

Les chutes d'eau juste en-dessous du lac sont les plus spectaculaires du site avec des flots qui s'écoulent entre les arbres sur 80 mètres de long.

Five Flowers lake est sans doute le plus magnifique de tout le parc avec une composition de troncs morts reposant sur le fond sablonneux, baignant dans une eau d'un bleu fascinant. C'est la haute concentration de carbonate de calcium qui rend l'eau aussi claire.

Pearl Shoal Waterfall est le dernier lieu immanquable de cette première vallée. Son nom vient du fait que la cascade ressemble à des milliers de perles sous le soleil.

Lorsque nous sommes arrivés aux abords du Mirror Lake, le soleil était déjà trop haut pour que l'autre rive puisse se refléter dans ses eaux bleues.

A l'intersection des trois vallées, les Nuorilang Falls sont hautes de 25 mètres et s'étendent sur 250 mètres.

Non loin de là, Zechawazhai est le plus grand des neuf villages et est parsemé de fanions de prière multicolores. L'influence tibétaine se retrouve partout ici.

A partir de là, nous avons repris un bus pour remonter au sommet de Zechawa Valley. Cindy était déjà un peu fatiguée…

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Au sommet, le Long Lake alimenté directement par la fonte des neiges est le plus grand lac de Jiuzhaigou. Le site nous a offert encore une fois un panorama exceptionnel.

Immédiatement en contrebas, le minuscule Five Color Lake est considéré comme le plus multicolore du parc.

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De retour à l'intersection des vallées, nous attaquions alors la longue descente de la Shuzheng Valley jusqu'à la sortie du parc. Le Rhinoceros Lake est réputé pour ses très belles réflexions. Son nom vient d'une légende selon laquelle un moine chevauchant un rhinocéros depuis le Tibet serait tombé dedans car il était en contemplation devant la beauté des paysages.

Quelques cascades plus bas se trouve le Sleeping Dragon Lake, tranquille et lisse, où se reposerait un gentil dragon. La tête et la queue semblent bouger lorsque le vent ondule la surface du lac.

Les Shuzheng Waterfalls sont les dernières chutes d'eau impressionnantes du parc.

Le village de Shuzheng est également très charmant, avec encore une fois, une forte influence tibétaine.

Les Shuzheng Lakes forment la plus basse série de lacs de Jiouzhaigou. Ils sont, comme d'habitude, séparées par de jolies petites chutes d'eau.

La dernière heure de marche n'a pas été facile, mais heureusement que le décor était toujours aussi enchanteur!

 

Huanglong, la Vallée du Dragon Jaune

Songpan est un petit village fortifié situé à 2800 mètres d'altitude et bordé de collines. Les murailles entourant la vieille ville sont longues de 3 km. A l'intérieur de l'enceinte, la rue principale vient rencontrer une petite rivière, franchie par un pont couvert. C'est d'ailleurs ce petit ruisseau qui coule jusqu'au pied de Grand Bouddha de Leshan.

La ville a été détruite par un incendie en 1998 et reconstruite à l'identique juste après. Le style régional a donc été conservé et dans les rues, les femmes tibétaines portent toutes leurs atours, tandis que les hommes musulmans de l'ethnie hui contrastent fortement avec leur costume sobre. De très nombreux tricycles sont à la disposition des plus paresseux pour se déplacer dans la vieille ville.

Songpan est également le point de départ pour visiter Huanglong, la Vallée du Dragon Jaune. Il y a un bus public qui s'y rend, mais apparemment aucun bus n'est garanti de revenir, alors nous n'avions pas d'autre choix que d'emprunter les services d'un chauffeur. Et comme le prix demandé pour l'excursion était excessif, nous nous sommes arrangés pour nous incruster pour la journée auprès d'un sympathique couple belge/australien retraité qui dormait dans la même auberge que nous.

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Huanglong se situe à 70 km de Songpan et la route qui y mène passe à travers des montagnes enneigées à près de 4000 mètres d'altitude. Il ne faut d'ailleurs pas moins de 2h30 de route au milieu des yaks pour arriver à l'entrée du parc.

Huanglong est également un site UNESCO, mais contrairement à Jiuzhaigou, 3-4 heures de marche suffisent à en faire le tour, ceci d'autant plus que seuls les bassins de la partie supérieure du parc étaient remplis d'eau. En raison de l'altitude élevée, des distributeurs d'oxygène étaient disponibles le long du chemin.

Une fois sur place, un téléphérique nous emmène jusqu'au départ de la petite marche d'approche jusqu'au sommet, alors que la descente ensuite se fait à pied. Les paysages étaient spectaculaires.

Ce parc est caractérisé par des piscines en terrasses de toutes tailles aux contours sinueux qui tombent les unes sur les autres. Les eaux qui les remplissent ont des couleurs presques surnaturelles, en raison du carbonate de calcium qui compose les bassins.

Nous ne nous lassions pas de contempler cette véritable toile de peinture qui était l'une des images fortes que nous avions en tête de la Chine avant notre départ.

Cerise sur le gâteau, la Vallée du Dragon Jaune est entourée d'une magnifique forêt et de superbes hauts sommets couverts de neige éternel. Xuebao Ding culmine à 5588 mètres d'altitude alors que sept autres sommets dépassent les 5000 mètres. Cela ne devrait par contre plus être le cas très longtemps, car ils perdraient quelques dizaines de mètres par an en raison du réchauffement climatique.

Légèrement en contrebas, le Monastère Huanglong Si nous a ramené dans une autre époque… Ce charmant monastère de montagne aux toits de tuiles et murs en colombages accueille chaque année une fête majeure des ethnies tibétaines qiang et hui.

Un autre temple de moindre importance se situe quelques centaines de mètres plus bas. 

La visite de la partie basse du parc nous a mené au travers de ce qui aurait pu être une forêt enchantée.

Les points de vue donnaient sur des piscines et cascades malheureusement presques toutes asséchées en raison de la saison. Les paysages étaient féeriques malgré tout. Lorsque l'eau abonde, les Rapides Golden Sand semblent recouvertes d'écailles dorées, comme le serait le dos d'un dragon jaune, d'où le nom donné à la vallée.

Cette visite clôture notre exploration du Sichuan qui nous a conquis par ses beautés naturelles époustouflantes, mais dont l'accès sera réservé aux plus téméraires. Prochaine étape: les célèbres soldats en terre cuite de Xi'an!

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