Cambodge

Du 3 au 11 janvier 2013

Les temples d'Angkor (première partie)

Dès notre arrivée au Cambodge, nous avons été séduits par le climat tropical et la gentillesse des habitants. Nous avons d’ailleurs tout de suite fait la connaissance de Sophal, un sympathique conducteur de tuk-tuk qui deviendra notre chauffeur attitré durant nos trois jours de visite des temples d’Angkor. Il y avait certes des moments où on ne comprenait pas un mot de ce qu’il racontait, mais tout passait avec un grand sourire.

Le premier soir de notre arrivée, comme nous n’avions pas fermé l’œil de la nuit à cause d’un vol assez agité depuis Dubai, nous avons juste été voir le soleil couchant sur la plaine des temples avant de rejoindre notre super auberge (Rosy Guesthouse, que nous recommandons chaleureusement) où nous avons pu nous initier avec délice à la cuisine khmer comme le personnel est cambodgien.

La civilisation Khmer semble dater du VIIe siècle. Les premiers édifices connus datent d’environ 800 AD et ont été érigés par le roi Jayavarman II qui unifia un royaume alors morcelé et installa sa capitale à Angkor. L'âge d'or d'Angkor dura alors environ 6 siècles. Plusieurs centaines de temples témoignent de la richesse, du raffinement et de la puissance de cette civilisation, qui régna sur un territoire couvrant l'ensemble des pays qui composent actuellement l'Asie du Sud-Est. La religion était d'abord brahmanique (hindouiste) pour devenir progressivement bouddhiste. Depuis 1993, ce site est enregistré au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Voilà pour la minute culturelle smiley.

Karta_AngkorWat

Comme nous l’a suggéré Sophal, nous avons opté pour une visite des temples moins importants en premier pour ne pas être blasés après la visite des chefs d’œuvre que sont Angkor Wat et Angkor Thom. Au total nous avons gravi pas moins de 20 temples répartis sur plus de 1000 km2! Le premier jour, nous avons d’abord commencé par la visite des temples de Banteay Kdei, Srah Srang, Ta Keo, East Mebon et Ak Yum.

Le clou de la journée a été le temple Ta Prohm, célèbre depuis que certaines scènes du film Tomb Raider y ont été tournées. À la différence de la plupart des autres monuments d'Angkor, Ta Prohm a été laissé dans un état proche de sa découverte où la nature a repris ses droits avec une végétation qui commence à envahir les ruines. Un lieu rempli de magie.

Le deuxième jour de visite, nous avons commencé par une heure de tuk-tuk pour nous rendre au temple de Banteay Srei érigé en l’honneur de Shiva. Sur le chemin du retour, nous nous sommes également arrêtés aux temples Kbal Spean, Banteay Samré, Preah Ko, Bakong et Lolei.

Finalement, le dernier jour, avant de nous attaquer aux monuments d’Angkor Wat et Angkor Thom, notre chauffeur a pensé qu’il serait de bon ton de rajouter 5 petits temples à notre liste de visite pour une mise en bouche avant le plat de résistance. Nous avons donc encore pu admirer Preah Khan, Neak Pean, Ta Som et Pre Rup.

 

Les temples d'Angkor (deuxième partie)

Notre troisième journée de visite a été essentiellement consacrée aux deux plus magnifiques et importants temples de la région : Angkor Wat et Angkor Thom. Malheureusement la journée n’était pas aussi ensoleillée que les deux jours précédents, mais nous avions senti le coup et nous nous étions exprès levés le premier jour pour contempler le lever de soleil sur Angkor Wat. Un moment saisissant partagé avec des centaines d’autres personnes toutes subjuguées par la beauté du spectacle.

Lors de notre retour sur le site le troisième jour et malgré la visite de nombreux temples entre deux, nous étions toujours sous le charme de ce temple monumental emprunt de mysticisme. Il fut construit par Suryavarman II au début du XIIe siècle en tant que « temple d'État » et capitale. Temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales du monde, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, premièrement hindou et dédié à Vishnou, puis bouddhiste.

Le temple est l'archétype du style classique de l'architecture khmère. Il est devenu le symbole du Cambodge, figurant même sur son drapeau national. Le temple est admiré pour la grandeur et l'harmonie de son architecture et les nombreux bas-reliefs sculptés qui ornent ses murs. Sa beauté et sa taille sont telles que beaucoup le considèrent comme la huitième merveille du monde. Nous faisons partie de ces gens là.

Non loin d’Angkor Wat se trouve la gigantesque cité royale d’Angkor Thom. Elle a été construite par Jayavarman VII, roi bouddhiste de l'empire khmer, à la fin du XIIème siècle. Son nom signifie la « Grande Cité » et est donc le témoin de la grandeur de l’Empire khmer. La cité royale a la forme d'un carré d'environ 3 km de côté, entouré d'un rempart haut de 8 mètres et au sein duquel se trouvent trois temples principaux. Nous avons commencé notre visite par Phimeanakas, petite structure religieuse pyramidale.

A quelques centaines de mètres de là se trouve Baphuon, un immense temple montagne. Ce temple connu comme la « montagne d’or » est composé de 300’000 pièces de grès de 500 kg chacune, toutes sculptées et uniques.

Finalement, Bayon est le temple central de l'ancienne ville d'Angkor Thom et sûrement le temple que nous avons préféré durant nos trois jours de visite! La décoration qui recouvre ce fantastique monument est d'une exceptionnelle richesse avec ses tours sculptées de 216 visages géants. Cette visite a également été l’occasion pour nous de voir nos premiers singes crapahuter sur les ruines smiley.

 

Tonlé Sap

Aux abords de Siem Reap se trouve le gigantesque lac Tonlé Sap d’une superficie de 2'500 km2 durant la saison sèche à plus de 12'000 km2 durant la période des pluies. Lors d’un après-midi trop chaud pour pouvoir visiter les temples, nous en avons profité pour partir à la découverte de l’un des nombreux villages flottants situés sur le lac.

Ces villages sont organisés de la même façon que nos villages traditionnels à l’exception que les bâtiments sont sur l’eau et que les gens se déplacent en barque. On retrouve ainsi un temple bouddhiste flottant au centre du village et également une école, une gendarmerie, un marché, une clinique et même un terrain de basket!

Nous avons eu droit à une visite guidée privée faite par un habitant du village de Chong Kneas. Ce jeune homme de 21 ans, qui gagne 30 dollars par mois, ne connaît rien d’autre que son village (qui compte 60 familles au total) car l’argent pour s’aventurer au-delà lui manque… Les habitants vivent majoritairement de la pêche qui devient périlleuse en saison des pluies. Ainsi, beaucoup d’enfants (comme lui d’ailleurs) ont perdu leur père de cette façon. Il faut dire que bien qu’impressionnés par la capacité d’adaptation de ces personnes, nous étions vraiment touchés par la misère dans laquelle ils vivent. Qui plus est, en raison de l’afflux touristique, il faut actuellement payer 20 dollars par personne pour la visite de l’un de ces villages et cet argent est directement empoché par le gouvernement au lieu de servir aux habitants! Nous sommes donc ressortis de là le cœur serré.

Pour finir notre séjour à Siem Reap sur une note plus gaie, nous nous sommes baladés dans cette charmante ville en parcourant les ruelles des marchés d'où s'échappaient des effluves d'encens et de jasmin. Nous en avons profité pour acheter quelques fruits secs (version asiatique, donc mangue et noix de coco) pour notre trajet jusqu'à Phnom Penh du lendemain.

En rentrant, nous avons récupéré le linge sale que nous avions donné à laver pour la modique somme de 3.- les 2 kg. Propreté impeccable! Même le sac en tissu dans lequel nous avions mis nos habits a été lavé et repassé smiley.

Finalement, nous avons dû nous résoudre à faire nos au revoir à Rosy Guesthouse qui restera probablement notre référence en matière d’hébergement pour la suite du voyage! Allez hop, en route pour la capitale!

 

Phnom Penh

Notre séjour dans la capitale du Cambodge a été de courte durée, mais nous avons quand même eu suffisamment de temps pour nous imprégner de l’ambiance moite et vibrante  de cette ville de contraste au confluent entre le Tonlé Sap et le Mekong. Le bord de rivière longé de boutiques, bars et restaurants constitue d’ailleurs le centre d’attraction de la ville où tout se passe.

Cette métropole de près de 2 millions d’habitants  a eu une histoire difficile entre les guerres, la colonisation française et plus récemment le génocide perpétré par les khmers rouges au pouvoir jusqu’en 1979. Longtemps surnommée la « perle d’Asie », Phnom Penh essaie de se reconstruire afin de retrouver une partie de la splendeur d’antan. Selon nous, elle y parvient notamment grâce au Palais Royal et à la Pagode d’Argent de toute splendeur! La visite de cet oasis de calme et de beauté nous a particulièrement séduits. La statue de Bouddha du XVIIème siècle de taille réelle composée de 90 kg d’or et recouverte de 9584 diamants valait également le détour. Il était cependant interdit de prendre des photos à l'intérieur de la Pagode.

Notre virée dans Phnom Penh nous ont également menés par de nombreux autres temples bouddhistes avec en particulier Wat Phnom au sommet d’une colline de 27 mètres de hauteur (ils en sont fiers) et Wat Ounalom qui renfermerait un cheveu de Bouddha. Le monument d’indépendance modelé selon la tour centrale d’Angkor Wat pour célébrer la libération du Cambodge de la colonisation française en 1953 est aussi intéressant.

Un peu plus éloigné de la rivière se trouve le marché central très art déco qui est le symbole de la ville tournée vers la modernité. Tout peut se trouver ici des fruits frais aux produits électroniques en passant par les insectes grillés, les vêtements en tout genre, les produits de soin et les bijoux. Les marchés au Cambodge sont vraiment très agréables parce qu’on n’est jamais harcelé et que les prix ne sont pas décuplés pour les touristes.

Certaines scènes un brin inhabituelles par chez nous ont aussi attiré notre attention: un cours d’aérobic semble avoir lieu tous les soirs pendant plus de 2 heures sur le bord de la rivière, les coiffeurs et cliniques en plein air sont légion courante au cœur même de la ville, la circulation est un vrai chaos et traverser certaines rues au milieu des klaxons demande d’avoir le cœur bien accroché.

 

Bye bye Cambodge!

Après un trajet interminable de près de 8 heures de bus sur des routes en partie non goudronnées, nous avons enfin atteint Kratie au nord du Cambodge pour notre dernière étape dans ce pays chaleureux. Il n'y a rien à faire de spécial dans cette ville endormie, à part profiter de faire un tour en bateau sur le Mekong pour voir les dauphins Irrawaddy. Il s’agit d’une espèce très particulière de dauphins vivant également en eau douce. Ils ont une tête ronde et émoussée, ainsi qu’une toute petite nageoire dorsale. Il y a moins de 7000 représentants de cette espèce et le 90% se trouve en Inde et au Bengladesh, le reste étant réparti en Asie du Sud-Est. Dans le Mekong, on les retrouve uniquement entre Kratie et la frontière laotienne. Il en reste moins de 80, actuellement sous la protection du WWF. Ils sont un peu plus timides que les dauphins que l’on connaît, donc on ne les aperçoit que pendant les quelques secondes où ils remontent à la surface afin de respirer. Nous avons quand même eu la chance d’en observer un certain nombre pendant notre heure de croisière et le reste du temps nous nous sommes simplement laissés porter par l’atmosphère paisible du Mekong au soleil couchant. A vrai dire, la dernière photo ci-dessous n'est pas de nous, mais nous l'avons ajoutée afin d'illustrer la bouille de ces petites bêtes.

Kratie est en plus reconnu pour ses couchers de soleil incroyables sur le Mekong. Cela vaut effectivement le détour! Même aux 4000 îles (notre étape suivante), ça n’est pas aussi beau! Le ciel se colore entièrement de tons roses-violacés et le spectacle est magnifique. Nous avions vu des photos et étions jusqu’alors persuadés qu’elles ne reflétaient pas la réalité, mais si si. smiley

Le lendemain, départ pour le Laos! Nous avons réservé nos billets à notre guesthouse et avions déjà un petit doute en entendant notre hôte nous expliquer qu’il fallait prendre un minibus, puis un grand bus, puis un autre minibus après la frontière et finalement une barque pour les 4000 îles. Malheureusement, il s’agissait de l’unique option! Il s’avère que si l’on part d’une grande ville, on peut espérer un « VIP bus » (les bus pour touristes plutôt agréables) pour rejoindre la destination suivante, mais dans les endroits perdus il faut se débrouiller avec les moyens du bord. Sur ce coup, il s’agissait d’un minibus prévu pour 14 personnes que le conducteur continuait à charger de locaux. Nous nous arrêtions chaque quelques mètre pour embarquer 1 ou 2 personnes de plus qui transportaient toutes des sacs de riz ou des cartons qui finissaient entassés sous nos jambes. A chaque fois que nous pensions que le bus était plein à craquer, le conducteur réussissait à faire entrer d’autres personnes… Pour ma part, j’étais collée contre une vitre au 2ème rang, mais Julien était devant moi et devait à chaque fois sortir du bus pour des questions de « réorganisation » de l’espace. Au dernier arrêt, il a été sommé de s’asseoir devant au milieu sur le frein à main… A ce moment là je l’ai vu s’agripper à son sac en disant « no thanks, I’m fine ». Le conducteur insistait lourdement, mais Julien lui a bravement tenu tête (je l’encourageais de toutes mes forces depuis mon siège) et n’a pas bougé d’où il était. Le conducteur s’est finalement rendu à l’évidence (il faut dire qu’il était deux fois plus petit et deux fois moins large que Julien) et a demandé à deux jeunes cambodgiennes de se placer sur le frein à main. Julien a quant à lui fini avec son sac et un cambodgien entre les jambes… Finalement nous étions 25 au total!!! Le bus a alors entamé un rallye pendant 2h, en klaxonnant à peu près toute la durée du trajet. Nos sacs étaient ficelés à l’arrière et pendouillaient dans le vide, puisque le coffre était trop chargé pour se fermer… C’était un LONG TRAJET!!!

La suite s’est passée avec moins d’encombres. Comme prévu, nous avons pris un plus grand bus pour traverser la frontière. Nous avons obtenu notre visa sans problème. Il se trouve que l’entrée au Laos est gratuite pour les suisses si on y séjourne moins de 15 jours. En revanche, les laotiens prélèvent un certain nombre de dollars pour faire le tampon dans notre passeport et la somme varie entre 2 et 5 USD par personne. C’était complètement dépendant de leur humeur et pour nous c’était 5 USD puisqu’on entrait déjà gratuitement dans le pays… Nous avons décidé de ne pas discuter là-dessus comme personne n'y échappait et ça semblait être la meilleure option, car à peine 1h30 plus tard, nous étions au Laos… Nous n’y croyions plus, mais nous avons finalement atteint notre objectif après un autre trajet chaotique en minibus et 20 minutes en barque. Youpiii! cheeky

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